vendredi 20 février 2009
Plus gros que Madoff!
In what could turn out to be the greatest fraud in US history, American authorities have started to investigate the alleged role of senior military officers in the misuse of $125bn (£88bn) in a US -directed effort to reconstruct Iraq after the fall of Saddam Hussein. The exact sum missing may never be clear, but a report by the US Special Inspector General for Iraq Reconstruction (SIGIR) suggests it may exceed $50bn, making it an even bigger theft than Bernard Madoff's notorious Ponzi scheme.
(les autorités ont commencé à enquêter sur l'utilisation de $125 milliards censés avoir financé l'effort de reconstruction avec peu de résultats)
La corruption en Irak a été un des phénomènes annonciateurs (avec la guerre bien évidemment) du déraillement complet de l'Etat américain. L'usage de "palettes" de cash fraîchement imprimées pour organiser l'occupation avec peu ou pas de comptabilité laisse rêveur. J'espère que tout cet argent a fait l'objet d'une entrée dans la comptabilité nationale...
* Le titre de "Sir" d'Allen Stanford lui vient d'Antigua et pas de la reine d'Angleterre.
jeudi 19 février 2009
Mini Madoff
(Traduction/résumé: ça dit que Stanford a contribué notamment à financer Phil Gramm, sénateur qui s'est targué ensuite d'avoir "tué la législation anti-blanchîment).
The Stanford Financial Group hired its first Washington lobbyists in 1999, at the time the anti-money laundering drive was gathering steam. And the company quickly learned how to cultivate pull in the Capitol -- between July 2000 and July 2001, Stanford and his employees doled out $448,000 in "soft money" contributions to senior lawmakers in both parties, according to a report by watchdog group Public Citizen.
Among the lawmakers benefiting from Stanford's largesse was Senate Banking Committee Chairman Phil Gramm (R-TX), who let a House-passed money laundering bill die a quiet death in his panel in the last months of the Clinton administration.
According to Public Citizen's report, "Gramm later publicly boasted to a group of bankers that 'I killed the administration's anti-money-laundering legislation.'" But Stanford's attention was by no means limited to Republicans, who happened to control the Senate at the time. Stanford made a splash at the 2000 Democratic National Convention in Los Angeles, a tale that we'll pick up in Part Two of Mr. Stanford Goes to Washington ...
mercredi 18 février 2009
Pourquoi ne suis-je pas surpris?
Dans tous ces pays, les résultats ont été pires qu'attendus. Sauf un. Les Etats-Unis. C'est pas beautiful? Et pas "de peu": -5.5% attendus et -3.8% annoncés (il va y avoir évidemment les sempiternelles révisions - jusque trois après ans comme ils l'ont fait en 2007!). Ca tombe à pic: alors que l'on rentre dans l'épaisseur de la crise, tous les médias (européens ou pas) se ruent dans le "narrative" qui positionne l'Europe encore et toujours à la remorque. C'est aussi répétitif que Titi et Gros Minet, le coyotte et le "road runner" ou le chasseur et Bugs Bunny...
Les américains bâtissent sur du sable depuis 20 ans une économie "baudruche" qui est en train de s'écrouler. Le mécanisme qui a rendu cela possible a été un mensonge systématique sur les stats économiques qui présentait en permanence les Etats-Unis comme le lieu où l'investissement serait le plus sûr et le plus rentable. C'était la publicité mensongère qui est à la base de tous les "Ponzi scheme".
Maintenant que le monde s'enfonce dans la crise, devinez quoi: les chiffres de croissance américains sont encore deux fois meilleurs (lire "moins pires") que les chiffres européens ou japonais. Depuis que ces chiffres ont été publiés, l'euro et le yen ont perdu énormément de terrain par rapport au dollar.
Qui va dire stop? Comment ce repère de margoulins que constituent Wall Street et Washington peut-il avoir encore un tant soit peu de crédibilité? La vérité, c'est que les Etats-Unis sont pourris dans la masse (doublement démontré: d'abord par la création des conditions de la crise et ensuite par la réponse grotesque apportée à celle-ci par un pouvoir politique ostensiblement "yes man" des banques - en laissant de côté les autres problèmes) alors que l'Europe a une structure de pouvoir relativement saine (en comparaison) et des citoyens qui n'ont pas encore complètement jeté l'éponge sur le contrôle démocratique de leurs dirigeants.
Il paraît que la crise économique est aujourd'hui perçue par les Etats-Unis comme la première menace pesant sur leurs intérêts stratégiques. Avant c'était le terrorisme et ils n'ont pas hésité alors à piétiner toutes les valeurs dont ils se réclament pour supposément "mieux" le combattre. Comment peut-on dès lors imaginer dans ce contexte que des données comme les chiffres de la croissance ne soient pas manipulées? La diversité des nations européennes est une défense naturelle contre la manipulation centralisée de ce type de données. Je ne l'approuverais pas de toute façon. En revanche, avoir une task force qui passe en revue précisément les stats américaines (il n'y a pas beaucoup à gratter pour lever des loups: rien que les révisions sont complètement hors normes pour un français et donnent à un instant t beaucoup de lattitude pour des effets d'annonce qui pourront être rectifiés plus tard - cf la récession déclarée après coup en 2001) et des dirigeants qui émettent à haute voix des doutes sur les performances annoncées et le caractère baroque du track record de ces annonces américaines paraît aujourd'hui indispensable (voire des opérations de communication plus sophistiquées - les américains ne s'en privent pas).
Et nos médias de répéter tous ces chiffres comme s'il s'agissait de communications divines complètement irréfutables. Qui a donné aux américains ce "capital mensonge" qui semble apparemment inépuisable? La réponse est simple: c'est nous. Pour conclure donc, ce proverbe américain: ‘Fool me once, shame on you; fool me twice, shame on me.’ qui n'a jamais été aussi bien dit que par W:
Note: Le Monde l'AFP et Reuters combinent leurs forces pour sortir cette dépêche: "Le produit intérieur brut (PIB) de l'Allemagne s'est contracté de 2,1 % au quatrième trimestre, un recul sans précédent depuis la réunification en 1990." suivi de "En rythme annuel, le PIB allemand accuse une baisse 1,6% au quatrième trimestre, contre +1,4% sur la période juillet-septembre." N'y a-t-il pas un gars à l'AFP, chez Reuters ou au Monde qui comprend ce qu'il écrit? Sur LE chiffre économique devenu (à tort ou à raison) le métre étalon de nos économies, serait-il possible d'avoir une dépêche qui ne s'emmèle pas les pinceaux? Ca n'est pas compliqué: c'est la même tous les trimestres. Bon enfin c'est pas grave, ils n'en ont plus pour longtemps.
mardi 17 février 2009
Vivons nous vraiment dans une union monétaire?
Le blogo a évoqué le possible stress test de l'Euro il y a quelques mois déjà. Il semble que cela se rapproche. Il est probable que nous ne soyons qu'au début de la crise et l'idée que l'Euro soit d'ores et déjà si faible est un peu décourageant. Les américains envoient délibérément leur monnaie à la cave et l'Europe qui devraient logiquement moins souffrir de la crise (la logique s'applique-t-elle en cette matière?) n'en tire aucun bénéfice du point de vue monétaire (il faut dire que la BCE n'a pas clairement signalé qu'elle serait autre chose qu'une FED un peu plus pataude dans cette crise).
C'est la veillée d'arme avant le genre de péripéties monétaires qui rentre dans les livres d'histoire. J'espère que l'Euro en sortira aguerri et pas défait. En tout état de cause, voir que les deux membres les plus en difficulté sur les déficits publics sont ceux qui ont cédé aux sirènes du subprime (Espagne et Irlande) n'incite pas vraiment à la clémence. Si nous les aidons, on pourrait au moins leur demander de nous filer les écrans plats qu'ils ont achetés avec leurs crédits revolving garantis par leurs maisons préfabriquées.
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BCL (Blogo Compliant List): Liste évolutive de personnalités "Blogo compliant"
Tout d'abord, deux nouveaux venus (extrait de cette news Bloom):
How did we get into this mess? Talbott blames everyone from average Americans who caught “the greed bug” to hedge funds and credit-default swaps. The single biggest error, he says, was for U.S. citizens to allow their national politicians to take large campaign contributions from big business and Wall Street
-- a theme Kevin Phillips developed in “Bad Money.”
“This crisis was no accident,” he says. It began, in Talbot’s view, because the U.S. government was “co-opted” into deregulating the financial industry. Politicians were “paid to deregulate industry,” taking billions of dollars each year in campaign contributions.
Kevin Phillips et John Talbott donc. Mais aussi:
Nicolas Taleb
Alan Grayson
Jim Rogers
Peter Schiff
Joseph Stiglitzt
Robert Reich
Simon Johnson
Paul Krugman
Jacques Attali
Bill Moyers
Barack Obama
Dylan Ratigan
Glenn Greenwald
Matt Taibbi
Eliot Spitzer
Nouriel Roubini (pas de lien encore mais bientôt)
Marc Faber
Lawrence Kotlikoff
Espérons que cette liste s'étoffe de plus en plus: c'est la condition d'un véritable changement dans la politique économique américaine. Vous remarquerez l'absence de Nouriel Roubini. Pourtant, peu de gens ont décrit aussi cliniquement ce qui allait se passer et pourquoi ça allait se passer. Le problème est que j'ai l'impression qu'il a des ambitions politiques et qu'il cire du coup les pompes de Geithner. Il lisse son profil pour être "bankable" à Wall Street ou embauchable par Obama, "fair game" mais un peu trop calculé pour apparaître dans la liste des "incorruptibles" du blogo**. Cette liste va changer mais je n'effacerai personne, les gens supprimés seront signalés avec l'explication de leur infortune.
* En gros: "La crise économique trouve ses causes dans la corruption de la démocratie américaine. Les "oligarques" qui se sont enrichis en créant les conditions de la crise ont encore fermement les rênes du pouvoir Obama ou pas (Geithner = Paulson, Bernanke = Bernanke). Ils l'utilisent dans le but exclusif d'en assurer la continuité (no surprise there). Le bon sens, la logique économique et accessoirement la morale voudraient que ces élites faillies soient remplacées et que l'on instille chez les nouveaux dirigeants la "fear of God" qui faisait clairement défaut aux anciens.
** Est-il légitime de mettre un Jim Rogers (qui a fortune faite et n'attend rien de personne) sur le même plan que Roubini qui a (presque) la vie devant lui? N'est-il pas normal que l'un n'épargne personne alors que l'autre ménage les susceptibilités? Pour l'instant, le blogo choisit l'intransigeance. A noter tout de même que Roubini, qui sait identifier les systèmes au bord de la faillite, semble avoir confiance dans le futur des oligarques.
Joe Stiglitz sur le contexte politique de la crise
Pour Hubris Kills
Tout d'abord, la vidéo du même Simon Johnson interviewé par Bill Moyers, le seul journaliste des MSM (mainstream media pour ceux qui ne suivent pas) qui est assez "à gauche" pour ouvrir la porte aux blogueurs contestataires type Glenn Greenwald (invité deux fois depuis l'élection d'Obama). Il avait fait ce documentaire excellent sur la complicité active de tous les médias américains (sauf Mc Clatchy) dans la propagande pro-guerre en 2003: Buying the war (je l'ai déjà linké). Cela est-il tout à coup assez pro pour toi, Hubris Kills?
Partie 2
Partie 3
Ensuite, TPMTv est une évolution du blog Talking Points Memo qui est déjà devenu une petite entreprise avec plusieurs journalistes (ou blogueurs). Ils ont décidé d'insérer dans un contenu principalement "texte" des petites séquences audiovisuelles. Ils ont interviewé Joseph Stiglitz très récemment par exemple. Je conteste donc ton rejet par principe de documents vidéos ayant une réalisation imparfaite et/ou cheap. Une réalisation parfaite te garantit le confort visuel mais surtout le confort intellectuel: ce que tu vas entendre va être "war loving, bailout adoring, The Economist/FT/WSJ compliant". Les professionnels de l'information n'informent pas, place donc aux amateurs.
vendredi 13 février 2009
Un économiste du FMI contre les "oligarques américains"
Essayer de regonfler à coup d'inflation le système d'allocation du capital complètement pourri dans lequel nous vivons depuis au moins dix ans (sécuritisation dévoyée, déséquilibres internationaux majeurs etc...) comme s'y emploie le gouvernement américain est une erreur majeure. Ca ne marchera pas et même si ça marchait, ça ne durerait qu'un temps probablement assez court. Il faut repartir de zéro. Tous les métiers liés à la finance se trouvent aujourd'hui face à une page blanche. Quels sont les grands principes qui doivent présider à la refonte du système financier international? L'alignement d'intérêts entre celui qui prend la décision de prêter et celui qui apporte les fonds semble être un bon départ (la sécuritisation l'a mis à mal). La sous-traitance par les banques de l'évaluation des risques à des agences de notation doit également disparaître. C'est leur métier, qu'elles le fassent. Celles qui n'y arriveront pas disparaîtront et celles qui sauront le faire gagneront de l'argent (moins qu'avant).
mercredi 11 février 2009
Taleb et Roubini sur CNBC
Taleb (je paraphrase):
"There are not that many people who saw this crisis coming who are in government. Let's have Roubini in government." "I want to see people who are responsible for this crisis like Bernanke out of government".
Un journaliste l'interrompt:
"Let's bring this back to the real reason we're doing this..."
Je considère souvent les banques et le gouvernement comme une entité unique dans cette crise. Je devrais systématiquement associer les médias à cet attelage. Si j'oublie parfois en raison du caractère de plus en plus grotesque et "irrelevant" du "4ème pouvoir", sachez que le coeur y est.
mardi 10 février 2009
Vous vous étiez fait larguer pour un investment banker?
Dans le genre, la crise a révélé le concept de "toxic wife", celle qui vous laisse tomber peu de temps après votre employeur ou quand le bonus déçoit. Ou encore qui tente de se séparer rapidement pour profiter d'une date d'évaluation du capital et des revenus antérieure à la crise. Cela paraît un peu énorme mais si ce sont les déclarations fiscales qui permettent de calculer les pensions par exemple, cela peut fonctionner (Mesdames, the clock is ticking...). Voir ici sur la crise et les divorces.
Vous avez aussi "Dating A Banker Anonymous" qui a défrayé la chronique récemment où des "Gold Diggers" (chercheuses d'or) façon "Intolérable Cruauté" racontent leurs expériences.
Evidemment, à la grande époque, il y avait aussi le site traderdater.com "The world's first industry-specific online dating site, Trader Dater was built exclusively for women interested in meeting professional traders." Le site semble avoir disparu depuis.
Il n'y a pas que des victimes de la crise dans le monde réel ceci dit. On pourrait se demander par exemple ce que devient Mr Big, l'homme idéal de Carrie Bradshaw dans "Sex and the City". Son profil wikipédia dit "Entrepreneur, Financier"...
Note: Pour illustrer ce thème, la photo de Marcus Shencker (et d'une blonde), pilote privé qui a essayé de faire croire à sa mort en sautant en parachute de son avion. Il avait fait une "mini Madoff" de $50 mln et pensait s'en tirer en disparaissant. A noter qu'il dort en prison contrairement à Bernie. La photo est furieusement kitsch, symbole d'une époque en train de se terminer (il y a quand même eu $18 milliards de bonus distribués cette saison).
lundi 9 février 2009
Getting a grip on power
Cela pose le problème de l'agitation et de la confusion qui règne dans les nominations des membres de l'administration. Ma thèse est que le système politique américain a pris l'habitude de fonctionner sans président depuis le scandale Lewinsky. Cela rend la tâche d'Obama difficile dans la mesure où en plus de la transition, il doit réaliser une restauration de la fonction présidentielle (à distinguer de la présidence qui, elle, a toujours fonctionné, notamment grâce à Dick Cheney).
Obama n'est pas encore cornerisé mais il faudrait que les choses s'améliorent rapidement. Les nominations sont cruciales pour qu'il affirme son pouvoir. C'est à la fois sont premier acte et la précondition de tous les autres. Laisser des gens comme Summers diminuer les autres collaborateurs fraîchement nommés sont des signes de faiblesse pour Obama. Il pourrait virer Summers pour l'exemple mais il est déjà sur la défensive sur le plan des nominations. J'ai entendu un commentateur dire qu'Obama était loué, admiré et respecté mais qu'il manquait encore un aspect à l'affirmation de son pouvoir: il n'était pas craint.
Le débat sur le stimulus et l'insistance surprenante (pas pour les lecteurs du blogo) d'Obama pour en faire un effort bipartisan qui n'a mené à rien ont affaibli (un peu) le nouveau président. Il faut dire qu'il n'est pas aidé par les médias. Les républicains ont été surreprésentés sur les ondes pendant la présidence Bush et cela était parfois expliqué par le fait qu'ils étaient au pouvoir (pas depuis 2006 au congrès mais bon). Alors il est surprenant qu'on continue à voir des chiffres comme ceux figurant sur le graphe plus bas. Beaucoup de blogueurs s'en indignent. Les médias, stigmatisés sous l'ère Reagan comme "The Liberal Media" (médias de gauche), sont devenus en 30 ans une force tirant le débat politique américain avec vigueur vers la droite.
L'hyperinflation au coin de la rue?
L'entrée wikipédia sur l'hyperinflation cite cinq artifices classiquement utilisé par les Etats pour maquiller l'inflation:
- Outright lying in official statistics such as money supply, inflation or reserves.
- Suppression of publication of money supply statistics, or inflation indices.
- Price and wage controls.
- Forced savings schemes, designed to suck up excess liquidity. These savings schemes may be described as pensions schemes, emergency funds, war funds, or something similar.
- Adjusting the components of the Consumer price index, to remove those items whose prices are rising the fastest.
Enfin, dans ce pot-pourri sur l'inflation, une déclaration récente de Roubini sur l'inflation: “Inflation is the path of least resistance for politicians, but it is dangerous.” Indeed.
Numéricable
dimanche 8 février 2009
Pas de propagande aux Etats-Unis, c'est la loi
Et ne pensez pas que le fait que le monde se soit opposé à la guerre en Irak montre que cela ne sert à rien. Le fait que l'opposition soit bien moindre que l'opposition à la guerre du Vietnam peut être considéré comme un succès. Combien d'Abu Ghraib ont-ils été étouffés? Parle-t-on souvent des victimes civiles de la campagne américaine (morts/blessés/déplacés)? Combien de fois nos médias ont-ils docilement répété que le "Numéro 2 d'Al Qaeda©" avait été éliminé comme si l'organigramme en était publié trimestriellement? Combien de fois nous a-t-on présenté les violences en Irak comme le produit de conflits interethniques (renforçant en cela les préjugés que les américains pouvaient avoir sur "les musulmans": terror = muslims) en occultant totalement la problématique occupation/résistance qui doit quand même avoir été à l'oeuvre de temps en temps? D'ailleurs je ne me souviens pas avoir souvent vu des médias occidentaux parler de "résistance irakienne" et je suis certain que cela aurait très fortement déplu aux responsables des psyops du Department of Defense qui mènent une guerre de tranchées sur les terminologies utilisées par les médias. Par exemple, en faisant accepter par tout le monde le branding "Al Qaeda in Irak©" alors que cette organisation semble avoir été essentiellement un épouvantail. Mais associé l'Irak et Al Qaeda de cette manière, quelle victoire pour le Pentagon de Bush!
On peut aussi évoquer "Liquids on Plane©" ou "Anthrax Scare©" mais il m'est bien sûr impossible ici d'être exhaustif, il faudrait plusieurs volumes. Dans le même ordre d'idée, on peut se demander dans quelle mesure supprimer Ben Laden n'aurait pas été se tirer dans le pied pour Bush: à quoi bon se débarrasser d'une marque aussi puissante? Comment mobiliser les ressources du pays pour la GWOT© (Global War On Terror) une fois cette figure emblématique supprimée? Voilà une explication bien plus rationnelle à la survie de celui-ci (pendant 8 ans!) que la simple incompétence de la première armée du monde.
samedi 7 février 2009
Friday Plane Blogging

vendredi 6 février 2009
Vous avez aimé le subprime?
A l'été 2007 (juillet), les agences de notation ont baissé les notes des produits subprime et ça a marqué le début de la crise financière. De même là, Moody's annonce la revue des notes sur $300 milliards de dettes dans le CRE. Ce sont des revues similaires qui avaient marqué le début de la crise en juillet 2007. Il semble que cette fois-ci, les marchés aient pris les devants (les spread sont déjà élevés). Néanmoins, pour tous ceux qui espéraient un rebond au deuxième semestre, c'est rapé. Il faut reconnaître qu'ils n'étaient plus nombreux.
Sarko Obama
L'Elysée broie du noir
La conversation téléphonique que Sarkozy a eue - enfin- avec Barack Obama, le 21 janvier, ne lui a pas remonté le moral. Il a trouvé le président américain encore plus pessimiste qu'il ne le pensait sur l'Etat de l'économie mondiale. Sarko, d'une "humeur de dogue", paraît-il, en a reparlé cette semaine devant son staff:
"Le pire est à venir aux USA! Il va y avoir en core des dégâts considérables dans les banques. Et les assurances vont suivre. En France aussi, ça va merder sur tous les fronts. Au mieux, le pouvoir d'achat va stagner. Et s'il y a moins de 400,000 chômeurs supplémentaires en 2009, il faudra s'estimer heureux. Ca va être violent. On ne sait ni quand ni comment cela va se terminer."
mercredi 4 février 2009
Le Connecticut, cas d'école
"With all the money flowing through government, the politicians are easy prey," says Michael Sklaire, the former U.S. attorney who last year helped convict former Bridgeport mayor Joseph Ganim on racketeering charges. "The people around an elected official can make millions of dollars and have it be perfectly legal. And then you've got a guy like Ganim, who liked the good life-the fancy wines and fancy shirts, the expensive trips. You can't afford that on a mayor's salary." So the stage is set for the drama to begin.
Government at the state and city level is saturated with money, promises, dangled freebies and an opportunistic cast of characters-lobbyists, contractors, consultants-who haunt the Capitol and city halls as elected officials cycle through office. The fat cats soften up candidates with campaign donations and then systematically work to extract favors and paybacks in return.
Alors bien sûr, ça n'est pas une démonstration. Il s'agit d'un seul Etat. Il s'agit d'un seul article. De plus en France, nous avons eu Roland Dumas président du conseil constitutionnel (beautiful!), le Crédit Lyonnais etc... On a pu voir à l'occasion de l'Angolagate que beaucoup d'argent circulait dans toutes sortes de milieux. Nous avons nos André Santini, nos Julien Dray. Notre président affiche son goût pour le luxe d'une manière que beaucoup préfèrerait plus "profil bas". On décrit parfois comme ses meilleurs amis des gens comme Bouygues, Bolloré ou Arnault ce qui ne peut que déranger quand on voit comment Pierre Bergé "aidait" Julien Dray (à trouver son chemin dans la boutique Vuitton?). Je pourrais aussi évoquer nos marchés de distribution d'eau etc...
La raison pour laquelle je pense que tout cela est plus grave aux Etats-Unis est que l'argent (qui "corrompt jusqu'à la conscience des hommes" dixit F. Mitterrand of Crédit Lyonnais fame!) y est culturellement plus important (prédominant) et qu'une part importante des activités de lobbying y sont légales (si tout le monde autour des politiques est rémunéré très grassement comme le dit l'extrait plus haut, il est plus difficile de créer des limites). Enfin, la corruption se mesure aussi par ses résultats et le succès de la guerre menée par les riches contre le reste de la population aux USA (dixit Warren Buffet) montre que la corruption fausse efficacement le processus démocratique (les riches restent par définition en infériorité numérique!).
The truth
But fixing the budget would require a kind of joint political suicide, with Democrats agreeing to trim costly social programs and Republicans acquiescing to a major tax hike. That kind of bargain has eluded previous administrations and seems highly unlikely now, even for a hugely popular new president.
S'attaquer aux problèmes budgétaires nécessiterait un suicide politique conjoint des démocrates et des républicains et a donc peu de chance d'arriver.
C'est pour ça que les américains ne sortiront pas de leur dépendance à la dette volontairement, guidés par des élites éclairées et prévoyantes . Ils ne le feront que contraints et forcés par des prêteurs qui tireront le tapis. Et à ce moment là, la douleur sera telle qu'il est difficile aujourd'hui d'imaginer la suite. Il est à peu près sûr néanmoins que quand on en sera là, le sourire d'Obama ne sera pas suffisant pour éteindre l'incendie. C'est dommage car il aurait pu mieux que d'autres promettre "du sang, des larmes et la victoire" mais il a été élu quatre ans trop tôt.
Note: un graphe était associé à l'article du wapo qui fait vraiment sourire (la manière dont tout semble plus ou moins sous contrôle après le dérapage 2009):

Mais qui fait plutôt froid dans le dos si on le met en perspective (ce que le wapo évite de faire) avec l'évolution passée (il y a un facteur de presque quatre entre 2007 et 2009 mais les données viennent de sources différentes, c'est juste pour donner une idée):
mardi 3 février 2009
Le plongeon américain
Ces chiffres sont beaucoup plus mauvais que ce que j'ai pu entendre pour la France jusqu'ici. La baisse des ventes de voitures est beaucoup plus marquée. Les pertes des banques sont plus importantes. Le conservatisme des sociétés d'Europe continentale en matière financière (sauf l'Espagne) et la présence forte de l'Etat sont des mécanismes stabilisateurs qui devraient nous favoriser dans les années à venir (les français ont toujours une retraite par exemple, beaucoup d'anglo-saxons ont vu leurs économies divisées par deux avec l'évolution de la bourse, nos systèmes sociaux devraient rendre nos sociétés plus stables). Enfin, nous avons beaucoup moins vécu à crédit que les américains. Nous avons aussi beaucoup moins de dépenses militaires (budget du Pentagon $527 milliards - cela ne prend pas en compte le coût des différentes guerres).Les médias devraient expliquer que ce scénario d'une crise moins profonde chez nous est possible. Sarkozy aussi pourrait s'en faire l'écho. Il est toujours pris dans sa volonté de jouer au tennis avec l'actualité et donne parfois l'impression de remuer de l'air. Quand je vois les 1000 mesures de la relance dans le TGV de la relance avec le nouveau ministre de la relance, je suis pris d'une légère fatigue. Je préfèrerais que certaines des ressources qui sont allouées à ce show permanent soient dédiées à la réflexion à moyen terme (voire long terme). Je suis particulièrement dépité par la volonté de singer les américains dans la gestion de la crise. Pourquoi s'est on occuppé des banques avant qu'elles ne le demandent et alors qu'elles font des profits? Ne valait-il pas mieux que l'Etat déclare qu'il garantirait les obligations des banques en dernier ressort mais qu'il laisse le marché discriminer entre les acteurs et nationalise pour rien les banques en faillite? Il n'y aurait alors pas eu d'ambiguïtés sur le fait qu'elles (et leurs dirigeants) avaient échoué? Aussi, le tout début de la récession est-il vraiment le meilleur moment pour faire de la relance massivement? N'est-il pas plus efficace d'attendre qu'un tremblement de terre soit fini avant d'envoyer les secours?
Les récessions "élaguent" les économies. Elles permettent de garder les éléments les plus sains pour le prochain cycle de croissance. Je pense par exemple que si la FED avait laissé la récession de 2001 suivre son cours au lieu de baisser les taux, le marché du subprime aurait été dévoilé pour ce qu'il était: une imposture. Le marché de l'immobilier aurait également marquer le pas. Au lieu de ça, on a mis de l'engrais sur de mauvaises herbes et nous en subissons aujourd'hui les conséquences.
Je suis pour que l'Etat amortisse l'effet des récessions sur la population. Dans ce cas précis, il semble que l'intervention de l'Etat soit d'autant plus nécessaire que la crise a présenté un risque systèmique pour les banques. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que le rôle de l'Etat n'est pas d'abolir les cycles économiques et qu'il doit laisser le marché décider quels acteurs économiques ont gagné le droit de participer à la prochaine phase d'expansion. Je ne crois pas que ce soit cela qui ait préoccupé Sarkozy dans sa gestion de la crise bancaire française.
Note: Pour le caractère sans précédent de ce qui se passe aux Etats-Unis, j'ai lu que la consommation alimentaire avait baissé de 14% en rythme annuel au dernier trimestre et de 7% le trimestre précédent. La conclusion de cet ami économiste sur son blog était: "Food is not supposed to do this unless there is a severe harvest shortfall. We are no longer normal business cycle territory." (la consommation alimentaire n'est pas censée se comporter comme cela normalement sauf en cas de récoltes insuffisantes. Nous ne sommes plus dans une dynamique de cycle économique classique).
Ce graphe est également instructif:
lundi 2 février 2009
Robert Reich s'interroge sur le bailout
How You and I Are Paying Wall Street to Lobby Congress to Go Easy on Wall Street
Corruption et corruption
Si vous voulez avoir un aperçu sur l'envers du décor, je vous conseille ce post de Glenn Greenwald qui s'en prend à Tom Daschle, nouveau secrétaire à la santé d'Obama, et à sa femme présentés comme un symbole de ce système. Citation de Matt Taibbi:
"In Washington there are whores and there are whores, and then there is Tom Daschle."
Note: pour ceux qui s'étonneraient de ce qu'un "liberal" comme Greenwald reproche à Daschle d'avoir quitté sa femme (et ses trois enfants) pour épouser Miss Kansas en 1976, il faut prendre en compte le fait que Greenwald revendique son homosexualité et qu'il est extrêmement sensible aux prises de positions publiques sur le mariage homosexuel (et autres causes gays). Daschle s'étant opposé au mariage homosexuel sur la base du caractère "sacrosaint" du mariage, il l'allume. Fair enough. Mais cela pose la question: Greenwald aurait-il été aussi cinglant si Daschle avait partagé ses vues sur ce point? S'il en avait été l'avocat flamboyant?
Pourquoi? PARCE QUE!
Il cite Geithner:
“We have a financial system that is run by private shareholders, managed by private institutions, and we’d like to do our best to preserve that system,” says Timothy Geithner.
Dans cette petite phrase, on retrouve beaucoup des accusations du Blogo: les mesures prises contre la crise ne visent pas d'abord l'intérêt général mais elles visent à préserver la continuité du pouvoir financier. Elles n'émanent pas d'un pouvoir politique indépendant et pragmatique face à la faillite des banques mais bien des banques elles-mêmes. Tout pouvoir vise normalement à se renforcer et à s'étendre. Pourquoi les politiques américains ne saisissent-ils donc pas l'occasion de la faillite des banques pour en prendre le contrôle alors que cela semble aller de soi? La seule explication plausible de cette bizarrerie n'est-elle pas que ces politiques ont déjà fait l'objet d'une OPA par les banques (et d'autres secteurs économiques) il y quelques années déjà?
Qu'on se s'y trompe pas: Geithner ne parle pas seulement de préserver le fonctionnement du système financier, il défend la propriété (donc les structures) d'un système en échec et à certains égards criminels (subprimes...). Et pourquoi donc M. Geithner? Il semble que la réponse soit "PARCE QUE!". La réponse qu'on attend de tous pouvoirs sans réelle légitimité.
Krugman souligne donc que tout semble être organisé pour que les victimes (les américains) soient les dindons de la farce et que les coupables passent à travers l'orage. Prochain arrêt, la révolution? Les américains vont-ils finir par se lasser de leurs fantasques ploutocrates?
Note: Geithner dit: "We'd like to do our best to preserve that system". Qui dit qu'on ne peut pas croire les hommes politiques?
Auditions au congrès sur la finance
Aussi cette vidéo de Fox News (pas ma tasse de thé) qui met en évidence le caractère sans précédent de la politique de la FED (en anglais aussi).
samedi 31 janvier 2009
L'euro encore en baisse
Pour moi, les banques centrales se comportent un peu comme des médecins qui prendraient énormément de risque avec la santé du patient, non pas pour que celui-ci ait plus de chance de s'en sortir mais pour que leur responsabilité ne puisse pas être mise en cause sur le thème: "vous voyez bien, on a tout essayé". L'ironie (en continuant à filer cette métaphore médicale) est que la maladie du patient a été innoculée par les médecins et que personne ne semble le remarquer.
On peut aussi argumenter que les banques centrales prennent le maximum de risques pour tenter de préserver leur pouvoir. Mettre les taux à zéro est leur dernier pari pour que le système reparte et que le monde financier conserve les mêmes structures. Et tant pis si on prend le risque de l'hyperinflation et de la destruction de la monnaie. Si tout se passe "selon le plan" le malade ne saura jamais qu'on a risqué sa vie inutilement pour préserver la réputation du médecin. Et si tout ne se passe pas selon le plan, il n'y aura plus ni médecin, ni malade. Perdu pour perdu...
Les banques centrales (la FED en particulier) savent que leur pouvoir sera remis en cause si les choses ne s'arrangent pas relativement rapidement. C'est une course contre la montre. Elles ne cherchent pas à nous sauver mais plutôt à se sauver elles-mêmes. Et contrairement à nous, elles n'ont plus rien à perdre! C'est un peu comme le TARP: on nous fait croire que des institutions bienveillantes mettent tout en oeuvre pour nous éviter une catastrophe mais la réalité est qu'elles mettent tout en oeuvre pour perdurer en l'état. Et dans la poursuite de cet objectif, elle se croit absolument tout permis.
Après la métaphore aéronautique et la métaphore médicale, j'ose la métaphore routière: nous sommes les passagers d'un bus dont le conducteur est poursuivi par la police. Je m'arrête là néanmoins avec l'inquiétude d'être peut-être allé un peu trop loin dans la métaphore! Je veux dire et si c'était le blogo le bus et que les lecteurs soient les passagers? Cela ferait-il de moi le conducteur? Et dans ce cas, pourquoi diable la police serait-elle à mes trousses?
Nemo auditur propriam turpitudinem allegans
Regulators, he said, should share some of the blame.
“God knows, some really stupid things were done by American banks,” Dimon said. “To policy makers, I say where were they? They approved all these banks.”
Traduction: Les banques ont fait énormément de choses stupides mais où étaient les régulateurs?
Tu sais parfaitement où étaient les régulateurs, Jamie. Ils étaient dans ta poche et ça a permis ça. Et ne dis pas que tu ne l'avais pas remarqué car cela t'as quand même coûté pas mal d'argent (même si ça a beaucoup plus rapporté). Les politiciens ont été coupables de s'être laissés corrompre. C'est tout. Pour ce qui est des régulations (et plus encore de leur absence), il faut rendre à César ce qui est à César, et reconnaître que les banques s'en sont arrogées la responsabilité. Alors quand Dimon se défausse en partie sur les régulations pour expliquer cette crise, il ne fait que se prévaloir de ses propres turpitudes.
vendredi 30 janvier 2009
Putin moque la finance US hier à Davos...
Cela me conforte en tout cas dans l'idée que Sarkozy prenait un risque en attaquant la capacité d'endettement des Etats-Unis et le rôle du dollar. Je n'ai rien contre cette position en soi et si on souhaite que le monde soit plus équilibré beaucoup de déclarations courageuses vont être nécessaires. J'avais juste l'impression que Sarkozy menaçait les Etats-Unis de l'équivalent économique d'une guerre nucléaire de manière inconsidérée et mal préparé. Avant de sortir du bois, il faut se construire des soutiens et quand vient le moment de sortir du bois, autant le faire en masse. Dévoiler au détour d'une phrase une stratégie agressive ou des revendications remettant en cause de manière trop radicale l'ordre établi peut-être contre-productif (comme Mo Green dans "Le Parrain" - voir ici à la fin). Ce n'est pas parce que le monde a des griefs complètement légitimes envers le leadership américain que les Etats-Unis ne vont pas se battre becs et ongles pour conserver leurs privilèges. So if you shoot, shoot to kill. Les coups de semonce où les gesticulations ne servent à rien.
La Russie lève donc la voix aujourd'hui. La Chine s'est opposée avec virulence au "coaching" américain en matière monétaire cette semaine. Merkel et ses ministres ont été cinglants à plusieurs reprises. Partout dans le monde le mécontentement grandit et tout laisse penser que cela ne fait que commencer. Plutôt que de faire des déclarations tonitruantes, Sarkozy devrait essayer de donner une cohérence et une unité à cette contestation du rôle des Etats-Unis. Ca n'est que comme ça que l'on pourra progresser vers l'objectif stratégique d'émancipation. Cet objectif n'est pas de l'ordre du "nice to have" qui se traduirait simplement par plus d'écrans plats chez nous et moins chez eux. Avec leur système politique cassé, les américains ne peuvent plus assurer la stabilité de la planète. Il faut donc que nos dirigeants mettent en place rapidement un système de gouvernance mondiale décentralisé qui puisse leur succéder et garantir une forme de stabilité. Le temps jouait de toute façon contre la domination américaine. L'impérium aurait sans doute pu durer encore quelques années ou même décennies mais la présidence W ne lui a laissé aucune chance. Comme le dit le pseudo d'un lecteur du blogo : "Hubris kills."
D'accord avec Paul Krugman (cette fois)
"Under Bush, financial policy consisted of Wall Street types cutting sweet deals, at taxpayer expense, for Wall Street types. Under Obama, it’s precisely the reverse."
Traduction: "Sous Bush, la politique en matière de finance se résumait à des gars de Wall Street faisant des faveurs à des gars de Wall Street aux dépens du contribuable. Sous Obama, c'est l'inverse."
Ceci dit, je ne comprends pas comment cela peut-être compatible avec ce que le même Krugman avait écrit là et que j'avais vivement critiqué ici. Dans un cas il dit que Wall Street légifère pour Wall Street ce qui résume l'état déplorable de la démocratie américaine. Dans l'autre, il dit (je résume): "Les hommes politiques, possiblement sans s'en rendre compte, font des cadeaux énormes aux actionnaires des banques au détriment des contribuables". Les hommes politiques sont donc "possiblement" blancs comme neige, peut-être juste un peu distraits. Dans un cas la corruption est totale, dans l'autre, les politiciens sont des gars de bonne foi juste un peu patauds et maladroits. What's it gonna be, Paul?
Deux explications pour réconcilier ces deux perspectives:
- Krugman pense que les hommes politiques font ce que leur demandent les banquiers sans en comprendre les tenants et les aboutissants. On se demande alors pourquoi il se donne la peine de les mentionner.
- Krugman avait écrit quelque chose de plus cinglant mais il a été gentiment remis dans la droite ligne par un éditeur du New York Times avec une formule laissant une porte de sortie à la classe politique (le manque de vigilance). Cela semble possible dans la mesure où l'affirmation cinglante a été publiée sur son blog (hébergé par le NYT) et que l'éditorial "consens mou" respectueux du pouvoir a été publié dans la version papier du journal et a donc fait l'objet d'un "editing".
Donc Krugman nous donne deux versions de la réalité, une ou les hommes politiques ont disparu du système et des Wall Street guys font des sweet deals aux Wall Street guys (Obama ou pas). L'autre où des hommes politiques inattentifs mais toujours un peu aux commandes font ces mêmes cadeaux en raison de leur naïveté. Le premier est destiné à son blog, le second à "un journal de référence". La conclusion est donc comme toujours: vivement la fin des "journaux de référence" (ça n'est pas une vue de l'esprit: beaucoup de ces publications traversent des difficultés financières qui mettent leur survie en question, comme le Chicago Tribune et le LA Times par exemple mis en danger par la faillite de leur maison mère, la Tribune Company).
jeudi 29 janvier 2009
The world according to TARP*
"The Act Rewarding Plutocracy"
C'est bien plus proche de la réalité que le pourtant réel "Troubled Asset Relief Program" qui n'a finalement pas servi à racheter des "troubled asset" mais à recapitaliser les banques. Ce changement de destination a révélé ce qu'il était vraiment: un chèque en blanc dont les bénéficiaires ont été déterminés par Paulson et ses jeunes aides de Goldman Sachs dans l'opacité la plus totale. Il est aujourd'hui paré de la légitimité que confère la loi mais gageons qu'il restera dans l'histoire comme le plus grand scandale financier de tous les temps. Un des derniers spasmes (espérons-le!) d'un organisme complètement gangréné par la corruption.
* J'ai googlé ce titre et il a été utilisé en septembre 2008 par Paul Krugman que j'avais dû lire à l'époque.
Entendu sur BFM
"Cette crise est arrivée très vite. Ecoutez, il y a six mois, personne n'en parlait. Si elle est arrivée très vite, elle peut également s'arrêter très vite."
CQFD. J'ajouterais: "j'ai cassé cet oeuf en un dixième de seconde, je vais le reconstituer dans le même temps".
lundi 26 janvier 2009
"and nonbelievers."
We are a nation of Christians and Muslims, Jews and Hindus, and nonbelievers.
Un motif de réjouissance pour tous les américains qui appartiennent à cette catégorie. Tant que j'y suis, je me réjouissais du fait qu'Obama n'ait pas utilisé l'expression symbole du bushisme de "war on terror" dans son discours. Il s'en rapproche dangereusement avec des trucs dans le goût "war on terrorist forces"...
Les agences de notation mènent toujours le bal
Elles ont sonné le début de la crise en downgradant plusieurs centaines d'obligations pourries en juin 2007. Ce faisant elles ont démontré qu'elles pouvaient influer sur le timing de la crise. Les marchés restent suspendus à leur avis en matière de dette souveraine. Ainsi, ce sont les agences de notation qui vont pouvoir déterminer quel pays mérite ou non d'être downgradé, quelle monnaie mérite ou non de plonger. Elles pourront aussi en décider le moment. Ce pouvoir serait déjà inquiétant s'il était exercé par des institutions honnêtes et indépendantes mais là, vu leurs antécédents, c'est tout simplement terrifiant. Souvenons-nous qu'elles n'ont pas seulement noté AAA des trillions d'obligations pourries très majoritairement américaines, elles ont également, pour être agréable au gouvernement américain, maintenu le rating de certains monoliners bien plus longtemps qu'il n'aurait été raisonnable. Elle regarde avec bienveillance la faillite totale de l'économie américaine en downgradant tranquillement l'Equateur ou l'Espagne.
En dépit de la faillite totale du système financier impérial américain, les arbitres ultimes de la solvabilité des nations restent des institutions privées qui mangent dans la main de l'Etat US. Le monde arrivera-t-il à s'affranchir de cette tutelle qui après avoir longtemps été injustifiée est aujourd'hui devenue grotesque?
Note: Faut-il d'urgence créer une agence européenne capable de noter les Etats et les grandes entreprises? (pour la dette structurée, on va dire que ça n'est pas prioritaire!) Pas crédible me direz-vous? Mais Moody's et S&P ne sont pas plus crédibles dans le contexte actuel. Il faut contrer le bruit par le bruit. Cela aurait aussi la vertu de poser le problème de la légitimité politique de ces agences. Arrêtons de croire au mythe de l'impartialité et du jugement objectif. La crise l'a complètement démonté. Il faut torpiller ces institutions. Les américains ne le feront pas d'eux-mêmes car ce sont des instruments de puissance.
dimanche 25 janvier 2009
La Californie proche de la faillite
The controller says California is down to Plan D on its checklist of paying bills. Its cash reserves are piddling; the special funds it borrows from are tapped out, and no one in the private sector is going to lend it any cash at a reasonable interest rate.
Voir article ici (via Atrios).
"Obama Style" par Obama
Note: en regardant plus attentivement, il semble que ce soit il y a un an pendant les primaires du New Hampshire. C'est vrai que cette tactique de n'être pas à l'origine des affrontements s'est répétée au travers de la campagne.
samedi 24 janvier 2009
Obama garde son blackberry
Lynch Merrill
Alors pour ceux qui ne suivent pas ou plus, Merrill n'existe plus depuis la mi septembre, date à laquelle un accord a réglé sa reprise par Bank Of America. En raison sans doute d'une présentation frauduleuse de sa situation par Merrill, Bank of America a été obligée de demander $20 milliards au gouvernement début janvier ainsi qu'une garantie sur plus de $100 milliards d'actifs. Aide que le gouvernement a accordé sans ciller.
Les Robber Barrons à l'oeuvre. Personne n'a encore sifflé la fin de la partie. Il faut dire que l'arbitre est sous influence...
vendredi 23 janvier 2009
mercredi 21 janvier 2009
Obama Président
J'avais mis en garde sur le risque que Bush n'amnistie une ribambelle d'escrocs et de collaborateurs qui avaient commis des crimes en son nom. Cela ne s'est pas passé. Bush a exercé son droit de grâce avec mesure pendant tout son mandat et a été fidèle à ce principe jusqu'à la fin. Doit-on l'en féliciter? Certains disent dans la blogosphère que gracier son entourage aurait été se tirer une balle dans le pied pour Bush en raison du 5ème amendement à la constitution qui pose qu'un justiciable ne peut pas être appelé à témoigner contre lui-même. Les graciés éventuels auraient été libres de témoigner contre Bush car ils n'auraient pas été menacé eux-mêmes par leurs aveux. En revanche, des justiciables classiques se réfugieraient derrière le 5ème amendement et ne parleraient pas ce qui maintiendrait une chape de plomb sur ces procédures. Le droit de grâce n'est de toute façon pas utilisable pour immuniser contre des poursuites futures (je crois) donc cet argument me semble un peu creux. Dieu sait que je n'aime pas Bush mais je préfère m'en tenir à ses actes et lui rendre cette justice: il n'a pas abusé dans ses dernières heures de la grâce présidentielle comme je le redoutais.
Et le discours d'Obama que je pensais être un moment de vérité? Tout d'abord, je me suis trompé: je pensais que le discours de l'inauguration était similaire à un "Discours sur l'Etat de l'Union" avec un niveau de détails plus important (trois fois plus long) et un caractère programmatique. Il s'avère qu'il n'y a en général pas de State Of The Union Address les années où un nouveau président est inauguré (il peut y avoir quelque chose de similaire). Donc mes attentes n'étaient pas raisonnables quand j'ai écrit ça. Néanmoins, Obama a clairement placé sa présidence sous le signe de circonstances exceptionnelles (crise économique et engagements extérieurs). Il a replacé les Etats-Unis dans leur tradition historique et dénoncé en creux la présidence W comme une aberration. Je me réjouis de l'abandon apparent de la rhétorique absolument horripilante, orwellienne et stupide sur la "War on Terror" (pourquoi pas une "war on Error" comme le suggèrait Stephen Colbert?). Pour ce qui est de la mise en accusation de la "power structure" (doublement faillie, doit-on le rappeler? guerre et crise éco) on repassera. Tout le monde à Washington a dormi sur ses deux oreilles.
Alors, oui, un appel à reconstruire l'Amérique un peu comme si on appelait à reconstruire la Nouvelle Orléans après Katrina: "il faut se retrousser les manches et faire preuve d'optimisme car on est américain après tout". Mais sur le pourquoi de la crise économique et d'éventuels défauts dans la structure du pouvoir, absolument rien. Ah si ça:
Our economy is badly weakened, a consequence of greed and irresponsibility on the part of some,
Aussitôt mitigé par ça:
but also our collective failure to make hard choices and prepare the nation for a new age.
Autrement dit: y a peut-être bien des responsables quelque part mais ce qu'on va faire, c'est tous se retrousser les manches car c'est un peu notre faute à tous aussi. L'appel à l'effort et au sacrifice n'est évidemment jamais détaillé dans ce pays où une seule chose est plus appréciée qu'une tax cut, une tax cut plus importante*. Et la caravanne passe.
No revolution in sight. Obama ne semble pas vouloir s'appuyer sur son aura et sa popularité incroyable pour donner un coup de pied dans la fourmilière. Pense-t-il que les fourmis auraient vite fait de l'avaler? Certains vont donc se réfugier dans la deuxième branche de l'alternative: Obama ne fera rien tout de suite mais réformera quand il aura assis son pouvoir (il sera alors mécaniquement moins populaire, donc attendre est un pari risqué). Les cyniques (qu'Obama dénonce - je veux bien mais après 8 ans de W on se demande s'il y a un choix entre le cynisme et la stupidité), envisageront une troisième possibilité: il ne tentera jamais de transformer profondément les Etats-Unis.
Les gens raisonnables attendront les premières semaines et mois de cette présidence (et peut-être un discours programmatique plus long, comme le State Of The Union mais n'en portant pas le nom - ça arrive) pour se faire une idée.
* Les tax cuts (massivement favorables aux plus aisés) sont la raison essentielle du creusement abyssal des déficits ces dernières années mais le tout dernier stimulus plan d'Obama reste imperturbablement basé pour un tiers sur des tax cuts (pour faire plaisir aux républicains - on se demande bien pourquoi, n'ont-ils pas perdu?). Alors même que les comptes publics partout dans le pays sont proches de la faillite (l'Etat de Californie par exemple) et que la seule chose qui persuade l'investisseur étranger de ne pas balancer ses bons du trésor US est la supposée capacité de l'Etat à lever l'impôt. Existe-t-elle réellement?
Le référencement du Blogo sur Google au plus mal
Blogo ne veut pas dire blog en espagnol ("blog" est utilisé), c'est dire si "El Blogo" n'avait pas beaucoup de concurrence sur Google France. Tant et si bien qu'assez vite, avec un faible trafic mais un trafic néanmoins, "El Blogo" est devenu le premier site apparaissant quand on faisait cette recherche (mi-décembre à peu près).
C'est bien fini maintenant. El Blogo n'apparaît qu'en deuxième page. Mieux (ou moins bien en réalité) "Blogo crise" ne donne que deux résultats et le blogo n'y est pas (c'était hier: aujourd'hui, il y a plus de résultats et le blogo finit second).
Il faut dire qu'il y a eu un pic d'audience mi-décembre en raison du surgissement du nom "Madoff" sur Google France qui avait exposé le Blogo plus que d'habitude sur les moteurs de recherche l'espace d'un week-end (avant l'explosion médiatique)...
Bush off the wagon?
Si ce que je lis est vrai, il y a eu assez d'instances délicates ces derniers mois pour que l'information sorte totalement d'ici à quelques mois (sans compter qu'on saura peut-être également s'il mène une vie normale au Texas ou pas). Le National Enquirer (journal absolument de caniveau mais qui a révélé par exemple que John Edwards avait une maîtresse plusieurs mois avant le reste des mainstream medias) date sa reprise de l'alcool à Katrina. Beaucoup ont noté que son agenda a été extrêmement léger ces 6 derniers mois.
mardi 20 janvier 2009
J'ai trouvé!

Occasion pour moi d'aborder un aspect de la présidence Bush-Cheney qui est bien trop peu débattu: l'aspect "profiteurs de guerre" de ces individus. L'invasion de l'Irak a été l'objet d'attribution de contrats de manière opaque pour des montants qui laissent complètement rêveur. Rappeler l'Etat à ses obligations quand à l'attribution de marchés a été, paraît-il, le moyen le plus sûr de fusiller sa carrière pour un fonctionnaire américain sous Bush. Cela mériterait que je m'y étende plus mais pour l'heure, ces seuls noms suffiront à vous rappeler de bons souvenirs (et l'inanité de ceux qui attribuaient des buts altruistes à l'intervention américaine - quelques intellectuels et hommes politiques français malheureusement promus depuis se reconnaîtront):
Halliburton
Bechtel
Blackwater
Dyncorps
Kellog Brown and Root (KBR)...
Historique? Pathétique?
Obama va-t-il "shooter for the stars" ou va-t-il répéter des platitudes de campagne matinées de la grandiloquence qui sied à l'évènement? Va-t-il se contenter du changement (cosmétique) que constitue son ethnicité?
La question que le Blogo se pose depuis le début: Obama a-t-il les ressources (et l'envie) de mener les combats qui pourraient faire de lui un grand président (financement de campagne)? va se voir apporter un début de réponse. Il n'a clairement menacé personne avec ses nominations. Certains à Washington trouveront-ils certains aspects de son discours inconfortable? J'ai bien peur que tout le monde dorme sur ses deux oreilles, ce soir, inside the beltway ce qui au vu de l'histoire récente serait un veritable scandale.
La naïveté confondante de Paul Krugman
Alors voilà: dans son dernier édito Krugman nous explique comment l'Etat tente de résoudre la crise et pourquoi il pense que cette solution n'est pas la bonne. C'est didactique et divertissant mais j'ai un gros problème avec la naïveté stupéfiante des conclusions qu'il tire (il vaut mieux lire l'édito pour le contexte):
What I suspect is that policy makers — possibly without realizing it — are gearing up to attempt a bait-and-switch: a policy that looks like the cleanup of the savings and loans, but in practice amounts to making huge gifts to bank shareholders at taxpayer expense, disguised as “fair value” purchases of toxic assets.
Traduction abrégée: "Les politiques, peut-être sans s'en rendre compte, font un cadeau aux actionnaires des banques aux dépens du contribuable."
Je veux dire, là, c'est juste pas possible! Paul Krugman, prix nobel d'économie, n'est pas capable de "connect the dots" et de voir comment le bailout est le produit d'un système corrompu jusqu'à la moëlle où il n'y a virtuellement aucune divergence d'intérêts entre la classe politique et les banques? Il ne voit pas que cette crise n'a été possible que grâce à la démission généralisée du personnel politique qui a refusé d'exercer sa fonction de régulation? Fannie Mae et Freddie Mac arrosant le personnel politique (dont Rahm Emanuel, nouveau directeur de cabinet d'Obama), ça lui a échappé? Le PDG d'Ameriquest qui se reconvertit en ambassadeur aux Pays-Bas grâce à ses généreuses contributions de campagne, pas vu? La loi sur les faillites personnelles qui est rédigée par les credit card companies en 2005 (avec le concours du nouveau Vice President, Joe Biden), ça lui a échappé? Les plus grosses contributions de campagne venant des Wall Street, ça ne ring pas a bell? Les banques qui freinent des quatres fers contre toute tentative de régulations des prêts "subprime"? Etait-il sur une autre planète ces dernières années ($120 milliards de bonus en 5 ans pour 5 firmes)?
"Possibly without realizing it"? Avec le TARP dirigé par un jeune gars de 35 ans venu tout droit de chez Goldman Sachs et voté préférentiellement par les représentants touchant le plus d'argent des banques*? Parrainé par Hank Paulson ancien président de GS? C'est du second degré? J'espère, sinon c'est la première fois que je trouve Krugman atterrant. L'Etat n'a pas repris les banques en main comme le suggérait le blogo au moment du bailout plan car il a partie liée avec les banques. C'est bien simple, on ne peut tout simplement plus faire la différence! L'Etat essaye de préserver la continuité du pouvoir financier au travers de la crise dans l'opacité la plus totale alors qu'il devrait au contraire le sanctionner au grand jour et en organiser le renouvellement (comme suggéré ici). Avant la crise, les banques achetaient les politiques pour que ces derniers ne les empêchent pas de faire de l'argent frauduleusement et tranquillement. Depuis la crise, gagner de l'argent frauduleusement n'est plus possible alors les banques achètent les politiques pour qu'ils leur donnent directement l'argent du contribuable. C'est cet écosystème, qui se nourrissait sur l'endettement privé, qui a été sauvé in extremis par Paulson et qui se nourrit désormais sur l'endettement public (ou qui essaye plutôt de faire croire qu'il y parviendra le plus longtemps possible).
Alors Krugman devrait arrêter d'ouvrir ses grands yeux candides de petits garçons de dix ans et poser un regard adulte sur la situation (même s'il doit y perdre des chances de rallier l'administration Obama). Il devrait identifier les Etats-Unis pour ce qu'ils sont: un empire cédant sous le poids de sa propre corruption. Un empire qui ne traverse pas qu'une simple crise économique mais bien une crise politique.
* Sur le vote du TARP: "October 3, 2008 4:26 PM. House members voting for the bailout Friday have collected 41 percent more than opponents from the industries most eager for emergency aid. Senate vote was similarly divided."
lundi 19 janvier 2009
Parfum de fin du monde
Simultanément, les mauvaises nouvelles s'accumulent aux Etats-Unis. Bank of America qui a encore besoin de plus de fonds et de plus de garanties (racheter Merrill s'avère avoir été équivalent à jouer à la roulette russe avec un canon chargé de 5 balles). Tous les acteurs naviguent à vue dans le brouillard. Citi annonce des pertes de $8 milliards et son action tombe à $4. Le TARP II s'annonce aussi bien maîtrisé que le TARP I: après avoir débloqué les fonds, les banquiers se les partageront sans aucun contrôle et le contribuable n'aura que ses yeux pour pleurer.
Le Blogo soutient que c'est en 2009 qu'aura lieu le moment de vérité de la crise (quand le doute sur la solvabilité se reportera non plus sur les institutions financières mais sur les Etats), il semble que le premier semestre soit un meilleur candidat que le second.
dimanche 18 janvier 2009
Deux vidéos de Hubris Kills
Un clip sur l'aisance verbale légendaire de W. (5 min)
Une vidéo de l'avion qui se crashe dans l'Hudson.




