lundi 9 février 2009

L'hyperinflation au coin de la rue?

L'hyperinflation n'est pas un résultat voulu de la politique monétaire. J'imagine donc que le scénario est le suivant: la banque centrale perd le contrôle de la masse monétaire après un certain nombre d'actions qu'elle a prises dans l'urgence et sous la contrainte en pensant "ne pas avoir le choix". Cela vous rappelle-t-il quelque chose?

L'entrée wikipédia sur l'hyperinflation cite cinq artifices classiquement utilisé par les Etats pour maquiller l'inflation:
  • Outright lying in official statistics such as money supply, inflation or reserves.
  • Suppression of publication of money supply statistics, or inflation indices.
  • Price and wage controls.
  • Forced savings schemes, designed to suck up excess liquidity. These savings schemes may be described as pensions schemes, emergency funds, war funds, or something similar.
  • Adjusting the components of the Consumer price index, to remove those items whose prices are rising the fastest.
Les USA ont eu recours en douce en avril 2006 au point numéro 2 dans l'indifférence générale (fin de la publication de l'agrégat monétaire M3 complètement scandaleuse). Je crois que le point 5 est également employé par à peu près tout le monde. Pour ce qui est du point 1, je vois mal la BCE (héritière en principe de la Bundesbank même si on finit par douter) le faire. En revanche, vu que la FED n'hésite pas sur le point 2, on peut légitimement se poser des questions sur le point 1 (surtout dans les circonstances exceptionnelles qui semblent donner aux autorités monétaires le sentiment que "tout est permis").

Enfin, dans ce pot-pourri sur l'inflation, une déclaration récente de Roubini sur l'inflation: “Inflation is the path of least resistance for politicians, but it is dangerous.” Indeed.

Numéricable

Je n'ai plus de connection internet depuis dimanche matin. Numéricable m'a donné un rdv pour mercredi... Je me dis de plus en plus que pour "avoir l'internet", il faut deux providers chez soi.

dimanche 8 février 2009

Pas de propagande aux Etats-Unis, c'est la loi

Il est interdit aux militaires américains de faire de la propagande à destination domestique. Bush a évidemment brouillé les lignes alors que le budget "communication" du Pentagon augmentait de 63% en 5 ans ($5,7 milliards en 2009, cela inclut les efforts de recrutement). Cet article est intéressant pour voir l'étendue des programmes de "Psychological Operations" dirigé en théorie uniquement vers l'étranger. On rappellera pour mémoire la création par Rumsfeld de l'Office of Strategic Influence qui a été remplacée depuis et aussi cet article sur John Rendon, l'homme qui avait dès 1991 mis au point le mensonge selon lequel des soldats irakiens avaient débranché des incubateurs dans les maternités koweïtiennes. Inutile de dire qu'il a eu l'occasion de se surpasser depuis en travaillant sous contrat pour le gouvernement.

Et ne pensez pas que le fait que le monde se soit opposé à la guerre en Irak montre que cela ne sert à rien. Le fait que l'opposition soit bien moindre que l'opposition à la guerre du Vietnam peut être considéré comme un succès. Combien d'Abu Ghraib ont-ils été étouffés? Parle-t-on souvent des victimes civiles de la campagne américaine (morts/blessés/déplacés)? Combien de fois nos médias ont-ils docilement répété que le "Numéro 2 d'Al Qaeda©" avait été éliminé comme si l'organigramme en était publié trimestriellement? Combien de fois nous a-t-on présenté les violences en Irak comme le produit de conflits interethniques (renforçant en cela les préjugés que les américains pouvaient avoir sur "les musulmans": terror = muslims) en occultant totalement la problématique occupation/résistance qui doit quand même avoir été à l'oeuvre de temps en temps? D'ailleurs je ne me souviens pas avoir souvent vu des médias occidentaux parler de "résistance irakienne" et je suis certain que cela aurait très fortement déplu aux responsables des psyops du Department of Defense qui mènent une guerre de tranchées sur les terminologies utilisées par les médias. Par exemple, en faisant accepter par tout le monde le branding "Al Qaeda in Irak©" alors que cette organisation semble avoir été essentiellement un épouvantail. Mais associé l'Irak et Al Qaeda de cette manière, quelle victoire pour le Pentagon de Bush!

On peut aussi évoquer "Liquids on Plane©" ou "Anthrax Scare©" mais il m'est bien sûr impossible ici d'être exhaustif, il faudrait plusieurs volumes. Dans le même ordre d'idée, on peut se demander dans quelle mesure supprimer Ben Laden n'aurait pas été se tirer dans le pied pour Bush: à quoi bon se débarrasser d'une marque aussi puissante? Comment mobiliser les ressources du pays pour la GWOT© (Global War On Terror) une fois cette figure emblématique supprimée? Voilà une explication bien plus rationnelle à la survie de celui-ci (pendant 8 ans!) que la simple incompétence de la première armée du monde.

samedi 7 février 2009

Friday Plane Blogging

Alors vous allez me dire que c'est Saturday et vous aurez raison. Un oubli de ma part. Le premier en 4 mois de blogo. C'est Hubris Kills, en lecteur attentif, qui m'a rappelé à mes obligations. Je mets donc deux photos pour essayer de rattraper le coup et je vous rappelle que vous pouvez agrandir les photos en cliquant dessus.

vendredi 6 février 2009

Vous avez aimé le subprime?

Vous adorerez le CRE (Commercial Real Estate - immobilier commercial). Il s'agit de produits financiers conçus sur le même principe que le subprime mais qui ont résisté plus longtemps (leurs difficultés étant une conséquence des difficultés du consommateur).

A l'été 2007 (juillet), les agences de notation ont baissé les notes des produits subprime et ça a marqué le début de la crise financière. De même , Moody's annonce la revue des notes sur $300 milliards de dettes dans le CRE. Ce sont des revues similaires qui avaient marqué le début de la crise en juillet 2007. Il semble que cette fois-ci, les marchés aient pris les devants (les spread sont déjà élevés). Néanmoins, pour tous ceux qui espéraient un rebond au deuxième semestre, c'est rapé. Il faut reconnaître qu'ils n'étaient plus nombreux.

Sarko Obama

D'après le canard, il semble que Sarko n'ait pas réussi à obtenir une visite d'Obama avant le G20 d'avril malgré des efforts importants. Aussi, je reproduis (presque intégralement) ici une brève de la page 2 du canard:

L'Elysée broie du noir
La conversation téléphonique que Sarkozy a eue - enfin- avec Barack Obama, le 21 janvier, ne lui a pas remonté le moral. Il a trouvé le président américain encore plus pessimiste qu'il ne le pensait sur l'Etat de l'économie mondiale. Sarko, d'une "humeur de dogue", paraît-il, en a reparlé cette semaine devant son staff:
"Le pire est à venir aux USA! Il va y avoir en core des dégâts considérables dans les banques. Et les assurances vont suivre. En France aussi, ça va merder sur tous les fronts. Au mieux, le pouvoir d'achat va stagner. Et s'il y a moins de 400,000 chômeurs supplémentaires en 2009, il faudra s'estimer heureux. Ca va être violent. On ne sait ni quand ni comment cela va se terminer."

mercredi 4 février 2009

Le Connecticut, cas d'école

Extrait d'un article de 2004 sur l'argent dans le monde politique de l'Etat du Connecticut.

"With all the money flowing through government, the politicians are easy prey," says Michael Sklaire, the former U.S. attorney who last year helped convict former Bridgeport mayor Joseph Ganim on racketeering charges. "The people around an elected official can make millions of dollars and have it be perfectly legal. And then you've got a guy like Ganim, who liked the good life-the fancy wines and fancy shirts, the expensive trips. You can't afford that on a mayor's salary." So the stage is set for the drama to begin.

Government at the state and city level is saturated with money, promises, dangled freebies and an opportunistic cast of characters-lobbyists, contractors, consultants-who haunt the Capitol and city halls as elected officials cycle through office. The fat cats soften up candidates with campaign donations and then systematically work to extract favors and paybacks in return.

Alors bien sûr, ça n'est pas une démonstration. Il s'agit d'un seul Etat. Il s'agit d'un seul article. De plus en France, nous avons eu Roland Dumas président du conseil constitutionnel (beautiful!), le Crédit Lyonnais etc... On a pu voir à l'occasion de l'Angolagate que beaucoup d'argent circulait dans toutes sortes de milieux. Nous avons nos André Santini, nos Julien Dray. Notre président affiche son goût pour le luxe d'une manière que beaucoup préfèrerait plus "profil bas". On décrit parfois comme ses meilleurs amis des gens comme Bouygues, Bolloré ou Arnault ce qui ne peut que déranger quand on voit comment Pierre Bergé "aidait" Julien Dray (à trouver son chemin dans la boutique Vuitton?). Je pourrais aussi évoquer nos marchés de distribution d'eau etc...

La raison pour laquelle je pense que tout cela est plus grave aux Etats-Unis est que l'argent (qui "corrompt jusqu'à la conscience des hommes" dixit F. Mitterrand of Crédit Lyonnais fame!) y est culturellement plus important (prédominant) et qu'une part importante des activités de lobbying y sont légales (si tout le monde autour des politiques est rémunéré très grassement comme le dit l'extrait plus haut, il est plus difficile de créer des limites). Enfin, la corruption se mesure aussi par ses résultats et le succès de la guerre menée par les riches contre le reste de la population aux USA (dixit Warren Buffet) montre que la corruption fausse efficacement le processus démocratique (les riches restent par définition en infériorité numérique!).

Retour vers le futur

1981 (via Daily Kos):

The truth

Subitement, au détour d'un click, la vérité (extrait du wapo via Daily Kos):

But fixing the budget would require a kind of joint political suicide, with Democrats agreeing to trim costly social programs and Republicans acquiescing to a major tax hike. That kind of bargain has eluded previous administrations and seems highly unlikely now, even for a hugely popular new president.
S'attaquer aux problèmes budgétaires nécessiterait un suicide politique conjoint des démocrates et des républicains et a donc peu de chance d'arriver.

C'est pour ça que les américains ne sortiront pas de leur dépendance à la dette volontairement, guidés par des élites éclairées et prévoyantes . Ils ne le feront que contraints et forcés par des prêteurs qui tireront le tapis. Et à ce moment là, la douleur sera telle qu'il est difficile aujourd'hui d'imaginer la suite. Il est à peu près sûr néanmoins que quand on en sera là, le sourire d'Obama ne sera pas suffisant pour éteindre l'incendie. C'est dommage car il aurait pu mieux que d'autres promettre "du sang, des larmes et la victoire" mais il a été élu quatre ans trop tôt.

Note: un graphe était associé à l'article du wapo qui fait vraiment sourire (la manière dont tout semble plus ou moins sous contrôle après le dérapage 2009):

Mais qui fait plutôt froid dans le dos si on le met en perspective (ce que le wapo évite de faire) avec l'évolution passée (il y a un facteur de presque quatre entre 2007 et 2009 mais les données viennent de sources différentes, c'est juste pour donner une idée):

mardi 3 février 2009

Le plongeon américain

Les statistiques éco américaines sont très mauvaises. Voici par exemple l'évolution de la consommation des ménages en dollars courants:

Ces chiffres sont beaucoup plus mauvais que ce que j'ai pu entendre pour la France jusqu'ici. La baisse des ventes de voitures est beaucoup plus marquée. Les pertes des banques sont plus importantes. Le conservatisme des sociétés d'Europe continentale en matière financière (sauf l'Espagne) et la présence forte de l'Etat sont des mécanismes stabilisateurs qui devraient nous favoriser dans les années à venir (les français ont toujours une retraite par exemple, beaucoup d'anglo-saxons ont vu leurs économies divisées par deux avec l'évolution de la bourse, nos systèmes sociaux devraient rendre nos sociétés plus stables). Enfin, nous avons beaucoup moins vécu à crédit que les américains. Nous avons aussi beaucoup moins de dépenses militaires (budget du Pentagon $527 milliards - cela ne prend pas en compte le coût des différentes guerres).

Les médias devraient expliquer que ce scénario d'une crise moins profonde chez nous est possible. Sarkozy aussi pourrait s'en faire l'écho. Il est toujours pris dans sa volonté de jouer au tennis avec l'actualité et donne parfois l'impression de remuer de l'air. Quand je vois les 1000 mesures de la relance dans le TGV de la relance avec le nouveau ministre de la relance, je suis pris d'une légère fatigue. Je préfèrerais que certaines des ressources qui sont allouées à ce show permanent soient dédiées à la réflexion à moyen terme (voire long terme). Je suis particulièrement dépité par la volonté de singer les américains dans la gestion de la crise. Pourquoi s'est on occuppé des banques avant qu'elles ne le demandent et alors qu'elles font des profits? Ne valait-il pas mieux que l'Etat déclare qu'il garantirait les obligations des banques en dernier ressort mais qu'il laisse le marché discriminer entre les acteurs et nationalise pour rien les banques en faillite? Il n'y aurait alors pas eu d'ambiguïtés sur le fait qu'elles (et leurs dirigeants) avaient échoué? Aussi, le tout début de la récession est-il vraiment le meilleur moment pour faire de la relance massivement? N'est-il pas plus efficace d'attendre qu'un tremblement de terre soit fini avant d'envoyer les secours?

Les récessions "élaguent" les économies. Elles permettent de garder les éléments les plus sains pour le prochain cycle de croissance. Je pense par exemple que si la FED avait laissé la récession de 2001 suivre son cours au lieu de baisser les taux, le marché du subprime aurait été dévoilé pour ce qu'il était: une imposture. Le marché de l'immobilier aurait également marquer le pas. Au lieu de ça, on a mis de l'engrais sur de mauvaises herbes et nous en subissons aujourd'hui les conséquences.

Je suis pour que l'Etat amortisse l'effet des récessions sur la population. Dans ce cas précis, il semble que l'intervention de l'Etat soit d'autant plus nécessaire que la crise a présenté un risque systèmique pour les banques. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que le rôle de l'Etat n'est pas d'abolir les cycles économiques et qu'il doit laisser le marché décider quels acteurs économiques ont gagné le droit de participer à la prochaine phase d'expansion. Je ne crois pas que ce soit cela qui ait préoccupé Sarkozy dans sa gestion de la crise bancaire française.

Note: Pour le caractère sans précédent de ce qui se passe aux Etats-Unis, j'ai lu que la consommation alimentaire avait baissé de 14% en rythme annuel au dernier trimestre et de 7% le trimestre précédent. La conclusion de cet ami économiste sur son blog était: "Food is not supposed to do this unless there is a severe harvest shortfall. We are no longer normal business cycle territory." (la consommation alimentaire n'est pas censée se comporter comme cela normalement sauf en cas de récoltes insuffisantes. Nous ne sommes plus dans une dynamique de cycle économique classique).

Ce graphe est également instructif:

lundi 2 février 2009

Robert Reich s'interroge sur le bailout

Robert Reich (ancien secrétaire à l'emploi de Clinton) est sur la ligne du blogo et dénonce la circularité des transferts de fonds entre les banques et le monde politique: une partie de l'argent donnée aux banques est utilisée par celles-ci pour faire du lobbying auprès du congrès.

How You and I Are Paying Wall Street to Lobby Congress to Go Easy on Wall Street

Corruption et corruption

Le Blogo peste souvent contre la corruption aux Etats-Unis. Je voulais préciser que je ne fais pas référence nécessairement à des actes illégaux qui devraient être réprimés par la loi (un peu vaudevillesques, genre Julien Dray). Je mets en cause le système de lobbying qui a longtemps été considéré comme une spécificité culturelle et une forme d'expression démocratique dans la politique américaine. C'est à la faillite de ce système parfaitement légal que nous assistons actuellement. Ce n'est pas la seule forme de corruption qui existe bien évidemment mais de telles dispositions ont posé les bases de l'absence de séparation entre les pouvoirs économiques et politiques qui apparaît au grand jour avec la crise et la manière dont elle est gérée (à l'avantage de ceux-là même qui se sont formidablement enrichis en en créant les conditions).

Si vous voulez avoir un aperçu sur l'envers du décor, je vous conseille ce post de Glenn Greenwald qui s'en prend à Tom Daschle, nouveau secrétaire à la santé d'Obama, et à sa femme présentés comme un symbole de ce système. Citation de Matt Taibbi:
"In Washington there are whores and there are whores, and then there is Tom Daschle."

Note: pour ceux qui s'étonneraient de ce qu'un "liberal" comme Greenwald reproche à Daschle d'avoir quitté sa femme (et ses trois enfants) pour épouser Miss Kansas en 1976, il faut prendre en compte le fait que Greenwald revendique son homosexualité et qu'il est extrêmement sensible aux prises de positions publiques sur le mariage homosexuel (et autres causes gays). Daschle s'étant opposé au mariage homosexuel sur la base du caractère "sacrosaint" du mariage, il l'allume. Fair enough. Mais cela pose la question: Greenwald aurait-il été aussi cinglant si Daschle avait partagé ses vues sur ce point? S'il en avait été l'avocat flamboyant?

Pourquoi? PARCE QUE!

Krugman hausse le ton dans son éditorial du NYT.

Il cite Geithner:
“We have a financial system that is run by private shareholders, managed by private institutions, and we’d like to do our best to preserve that system,” says Timothy Geithner.

Dans cette petite phrase, on retrouve beaucoup des accusations du Blogo: les mesures prises contre la crise ne visent pas d'abord l'intérêt général mais elles visent à préserver la continuité du pouvoir financier. Elles n'émanent pas d'un pouvoir politique indépendant et pragmatique face à la faillite des banques mais bien des banques elles-mêmes. Tout pouvoir vise normalement à se renforcer et à s'étendre. Pourquoi les politiques américains ne saisissent-ils donc pas l'occasion de la faillite des banques pour en prendre le contrôle alors que cela semble aller de soi? La seule explication plausible de cette bizarrerie n'est-elle pas que ces politiques ont déjà fait l'objet d'une OPA par les banques (et d'autres secteurs économiques) il y quelques années déjà?

Qu'on se s'y trompe pas: Geithner ne parle pas seulement de préserver le fonctionnement du système financier, il défend la propriété (donc les structures) d'un système en échec et à certains égards criminels (subprimes...). Et pourquoi donc M. Geithner? Il semble que la réponse soit "PARCE QUE!". La réponse qu'on attend de tous pouvoirs sans réelle légitimité.

Krugman souligne donc que tout semble être organisé pour que les victimes (les américains) soient les dindons de la farce et que les coupables passent à travers l'orage. Prochain arrêt, la révolution? Les américains vont-ils finir par se lasser de leurs fantasques ploutocrates?

Note: Geithner dit: "We'd like to do our best to preserve that system". Qui dit qu'on ne peut pas croire les hommes politiques?

Auditions au congrès sur la finance

Pour ceux que ça intéresse. Un témoignage d'un des pontes de la FED devant la chambre des représentants. Glenn Greenwald recommande les 5 premières minutes (en anglais):


Aussi cette vidéo de Fox News (pas ma tasse de thé) qui met en évidence le caractère sans précédent de la politique de la FED (en anglais aussi).

samedi 31 janvier 2009

L'euro encore en baisse

L'€ en dessous de $1,28. Un de mes regrets durant cette crise est que la BCE semble emboîter le pas à la FED sur la mise des taux à 0%. Personne ne sait exactement dans quelle mesure des taux si bas ne font pas plus de mal que de bien. On a peu de points de référence. Des taux aussi bas au Japon dans les années 90 n'ont pas relancé l'économie. Les taux à 1% aux USA en 2003 nous ont conduit au marasme. On a l'impression que les banques centrales pilotent un A380 en utilisant les débattements de surface de contrôles similaires à un avion de voltige. Le résultat dans les airs, c'est que les commandes cassent et que l'avion se crashe (ou si les commandes ne cassent pas, c'est l'avion qui explose - le résultat est le même).

Pour moi, les banques centrales se comportent un peu comme des médecins qui prendraient énormément de risque avec la santé du patient, non pas pour que celui-ci ait plus de chance de s'en sortir mais pour que leur responsabilité ne puisse pas être mise en cause sur le thème: "vous voyez bien, on a tout essayé". L'ironie (en continuant à filer cette métaphore médicale) est que la maladie du patient a été innoculée par les médecins et que personne ne semble le remarquer.

On peut aussi argumenter que les banques centrales prennent le maximum de risques pour tenter de préserver leur pouvoir. Mettre les taux à zéro est leur dernier pari pour que le système reparte et que le monde financier conserve les mêmes structures. Et tant pis si on prend le risque de l'hyperinflation et de la destruction de la monnaie. Si tout se passe "selon le plan" le malade ne saura jamais qu'on a risqué sa vie inutilement pour préserver la réputation du médecin. Et si tout ne se passe pas selon le plan, il n'y aura plus ni médecin, ni malade. Perdu pour perdu...

Les banques centrales (la FED en particulier) savent que leur pouvoir sera remis en cause si les choses ne s'arrangent pas relativement rapidement. C'est une course contre la montre. Elles ne cherchent pas à nous sauver mais plutôt à se sauver elles-mêmes. Et contrairement à nous, elles n'ont plus rien à perdre! C'est un peu comme le TARP: on nous fait croire que des institutions bienveillantes mettent tout en oeuvre pour nous éviter une catastrophe mais la réalité est qu'elles mettent tout en oeuvre pour perdurer en l'état. Et dans la poursuite de cet objectif, elle se croit absolument tout permis.

Après la métaphore aéronautique et la métaphore médicale, j'ose la métaphore routière: nous sommes les passagers d'un bus dont le conducteur est poursuivi par la police. Je m'arrête là néanmoins avec l'inquiétude d'être peut-être allé un peu trop loin dans la métaphore! Je veux dire et si c'était le blogo le bus et que les lecteurs soient les passagers? Cela ferait-il de moi le conducteur? Et dans ce cas, pourquoi diable la police serait-elle à mes trousses?

Nemo auditur propriam turpitudinem allegans

Pas mal le latin! C'est la magie de l'internet: on peut se donner des airs de latiniste sans avoir jamais étudié le latin. Il s'agit de l'adage juridique: "Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude". C'est pourtant ce que fait le CEO de JP Morgan, Jamie Dimon, quand il dit ça (à Davos):

Regulators, he said, should share some of the blame.

“God knows, some really stupid things were done by American banks,” Dimon said. “To policy makers, I say where were they? They approved all these banks.”

Traduction: Les banques ont fait énormément de choses stupides mais où étaient les régulateurs?

Tu sais parfaitement où étaient les régulateurs, Jamie. Ils étaient dans ta poche et ça a permis ça. Et ne dis pas que tu ne l'avais pas remarqué car cela t'as quand même coûté pas mal d'argent (même si ça a beaucoup plus rapporté). Les politiciens ont été coupables de s'être laissés corrompre. C'est tout. Pour ce qui est des régulations (et plus encore de leur absence), il faut rendre à César ce qui est à César, et reconnaître que les banques s'en sont arrogées la responsabilité. Alors quand Dimon se défausse en partie sur les régulations pour expliquer cette crise, il ne fait que se prévaloir de ses propres turpitudes.

vendredi 30 janvier 2009

Putin moque la finance US hier à Davos...

Et le rouble baisse de 3,5% dans la foulée. Bien qu'il ait déjà perdu 30% en cinq mois, cette news bloom n'hésite pas à lier les deux évènements. C'est intéressant parce que ça voudrait dire qu'un simple discours de défiance serait désormais sanctionné. Ca voudrait dire que le roi sait qu'il est nu et qu'il en est désormais au point où il empêche à qui que ce soit d'ouvrir la bouche. Perilous Times.

Cela me conforte en tout cas dans l'idée que Sarkozy prenait un risque en attaquant la capacité d'endettement des Etats-Unis et le rôle du dollar. Je n'ai rien contre cette position en soi et si on souhaite que le monde soit plus équilibré beaucoup de déclarations courageuses vont être nécessaires. J'avais juste l'impression que Sarkozy menaçait les Etats-Unis de l'équivalent économique d'une guerre nucléaire de manière inconsidérée et mal préparé. Avant de sortir du bois, il faut se construire des soutiens et quand vient le moment de sortir du bois, autant le faire en masse. Dévoiler au détour d'une phrase une stratégie agressive ou des revendications remettant en cause de manière trop radicale l'ordre établi peut-être contre-productif (comme Mo Green dans "Le Parrain" - voir ici à la fin). Ce n'est pas parce que le monde a des griefs complètement légitimes envers le leadership américain que les Etats-Unis ne vont pas se battre becs et ongles pour conserver leurs privilèges. So if you shoot, shoot to kill. Les coups de semonce où les gesticulations ne servent à rien.

La Russie lève donc la voix aujourd'hui. La Chine s'est opposée avec virulence au "coaching" américain en matière monétaire cette semaine. Merkel et ses ministres ont été cinglants à plusieurs reprises. Partout dans le monde le mécontentement grandit et tout laisse penser que cela ne fait que commencer. Plutôt que de faire des déclarations tonitruantes, Sarkozy devrait essayer de donner une cohérence et une unité à cette contestation du rôle des Etats-Unis. Ca n'est que comme ça que l'on pourra progresser vers l'objectif stratégique d'émancipation. Cet objectif n'est pas de l'ordre du "nice to have" qui se traduirait simplement par plus d'écrans plats chez nous et moins chez eux. Avec leur système politique cassé, les américains ne peuvent plus assurer la stabilité de la planète. Il faut donc que nos dirigeants mettent en place rapidement un système de gouvernance mondiale décentralisé qui puisse leur succéder et garantir une forme de stabilité. Le temps jouait de toute façon contre la domination américaine. L'impérium aurait sans doute pu durer encore quelques années ou même décennies mais la présidence W ne lui a laissé aucune chance. Comme le dit le pseudo d'un lecteur du blogo : "Hubris kills."

D'accord avec Paul Krugman (cette fois)

Je suis d'accord avec Paul Krugman qui fait ce commentaire désabusé (présenté comme une plaisanterie) sur son blog:

"Under Bush, financial policy consisted of Wall Street types cutting sweet deals, at taxpayer expense, for Wall Street types. Under Obama, it’s precisely the reverse."
Traduction: "Sous Bush, la politique en matière de finance se résumait à des gars de Wall Street faisant des faveurs à des gars de Wall Street aux dépens du contribuable. Sous Obama, c'est l'inverse."

Ceci dit, je ne comprends pas comment cela peut-être compatible avec ce que le même Krugman avait écrit et que j'avais vivement critiqué ici. Dans un cas il dit que Wall Street légifère pour Wall Street ce qui résume l'état déplorable de la démocratie américaine. Dans l'autre, il dit (je résume): "Les hommes politiques, possiblement sans s'en rendre compte, font des cadeaux énormes aux actionnaires des banques au détriment des contribuables". Les hommes politiques sont donc "possiblement" blancs comme neige, peut-être juste un peu distraits. Dans un cas la corruption est totale, dans l'autre, les politiciens sont des gars de bonne foi juste un peu patauds et maladroits. What's it gonna be, Paul?

Deux explications pour réconcilier ces deux perspectives:
- Krugman pense que les hommes politiques font ce que leur demandent les banquiers sans en comprendre les tenants et les aboutissants. On se demande alors pourquoi il se donne la peine de les mentionner.
- Krugman avait écrit quelque chose de plus cinglant mais il a été gentiment remis dans la droite ligne par un éditeur du New York Times avec une formule laissant une porte de sortie à la classe politique (le manque de vigilance). Cela semble possible dans la mesure où l'affirmation cinglante a été publiée sur son blog (hébergé par le NYT) et que l'éditorial "consens mou" respectueux du pouvoir a été publié dans la version papier du journal et a donc fait l'objet d'un "editing".

Donc Krugman nous donne deux versions de la réalité, une ou les hommes politiques ont disparu du système et des Wall Street guys font des sweet deals aux Wall Street guys (Obama ou pas). L'autre où des hommes politiques inattentifs mais toujours un peu aux commandes font ces mêmes cadeaux en raison de leur naïveté. Le premier est destiné à son blog, le second à "un journal de référence". La conclusion est donc comme toujours: vivement la fin des "journaux de référence" (ça n'est pas une vue de l'esprit: beaucoup de ces publications traversent des difficultés financières qui mettent leur survie en question, comme le Chicago Tribune et le LA Times par exemple mis en danger par la faillite de leur maison mère, la Tribune Company).

Friday Plane Blogging

jeudi 29 janvier 2009

The world according to TARP*

Katrina vanden Heuvel, l'éditrice de "The Nation" (magazine mythique, le plus à gauche à large diffusion aux US), a trouvé un sens différent à l'acronyme TARP.

"The Act Rewarding Plutocracy"

C'est bien plus proche de la réalité que le pourtant réel "Troubled Asset Relief Program" qui n'a finalement pas servi à racheter des "troubled asset" mais à recapitaliser les banques. Ce changement de destination a révélé ce qu'il était vraiment: un chèque en blanc dont les bénéficiaires ont été déterminés par Paulson et ses jeunes aides de Goldman Sachs dans l'opacité la plus totale. Il est aujourd'hui paré de la légitimité que confère la loi mais gageons qu'il restera dans l'histoire comme le plus grand scandale financier de tous les temps. Un des derniers spasmes (espérons-le!) d'un organisme complètement gangréné par la corruption.

* J'ai googlé ce titre et il a été utilisé en septembre 2008 par Paul Krugman que j'avais dû lire à l'époque.

Entendu sur BFM

Je rentre chez moi ce soir et j'entends ça sur BFM avant de couper le moteur:

"Cette crise est arrivée très vite. Ecoutez, il y a six mois, personne n'en parlait. Si elle est arrivée très vite, elle peut également s'arrêter très vite."

CQFD. J'ajouterais: "j'ai cassé cet oeuf en un dixième de seconde, je vais le reconstituer dans le même temps".

lundi 26 janvier 2009

"and nonbelievers."

Retour sur le discours d'Obama. Après avoir été plus ou moins passée sous silence depuis des décennies (des siècles?), une nouvelle catégorie de citoyens américains a fait son apparition dans le discours d'inauguration d'Obama, les "nonbelievers".

We are a nation of Christians and Muslims, Jews and Hindus, and nonbelievers.

Un motif de réjouissance pour tous les américains qui appartiennent à cette catégorie. Tant que j'y suis, je me réjouissais du fait qu'Obama n'ait pas utilisé l'expression symbole du bushisme de "war on terror" dans son discours. Il s'en rapproche dangereusement avec des trucs dans le goût "war on terrorist forces"...

Les agences de notation mènent toujours le bal

Les agences de notation demeurent écoutées bien qu'elles aient rendu cette crise possible en vendant leur crédibilité au plus offrant.

Elles ont sonné le début de la crise en downgradant plusieurs centaines d'obligations pourries en juin 2007. Ce faisant elles ont démontré qu'elles pouvaient influer sur le timing de la crise. Les marchés restent suspendus à leur avis en matière de dette souveraine. Ainsi, ce sont les agences de notation qui vont pouvoir déterminer quel pays mérite ou non d'être downgradé, quelle monnaie mérite ou non de plonger. Elles pourront aussi en décider le moment. Ce pouvoir serait déjà inquiétant s'il était exercé par des institutions honnêtes et indépendantes mais là, vu leurs antécédents, c'est tout simplement terrifiant. Souvenons-nous qu'elles n'ont pas seulement noté AAA des trillions d'obligations pourries très majoritairement américaines, elles ont également, pour être agréable au gouvernement américain, maintenu le rating de certains monoliners bien plus longtemps qu'il n'aurait été raisonnable. Elle regarde avec bienveillance la faillite totale de l'économie américaine en downgradant tranquillement l'Equateur ou l'Espagne.

En dépit de la faillite totale du système financier impérial américain, les arbitres ultimes de la solvabilité des nations restent des institutions privées qui mangent dans la main de l'Etat US. Le monde arrivera-t-il à s'affranchir de cette tutelle qui après avoir longtemps été injustifiée est aujourd'hui devenue grotesque?

Note: Faut-il d'urgence créer une agence européenne capable de noter les Etats et les grandes entreprises? (pour la dette structurée, on va dire que ça n'est pas prioritaire!) Pas crédible me direz-vous? Mais Moody's et S&P ne sont pas plus crédibles dans le contexte actuel. Il faut contrer le bruit par le bruit. Cela aurait aussi la vertu de poser le problème de la légitimité politique de ces agences. Arrêtons de croire au mythe de l'impartialité et du jugement objectif. La crise l'a complètement démonté. Il faut torpiller ces institutions. Les américains ne le feront pas d'eux-mêmes car ce sont des instruments de puissance.

dimanche 25 janvier 2009

La Californie proche de la faillite

Le problème du contribuable américain, c'est que l'Etat fédéral ne va pas être le seul à frapper à sa porte avec la récession. Continuer à faire des tax cuts dans ce contexte, c'est un saut dans l'inconnu.

The controller says California is down to Plan D on its checklist of paying bills. Its cash reserves are piddling; the special funds it borrows from are tapped out, and no one in the private sector is going to lend it any cash at a reasonable interest rate.

Voir article ici (via Atrios).

"Obama Style" par Obama

Je n'ai pas trouvé d'où venait cet extrait. J'ai l'impression que c'était avant qu'il soit élu. Un poil autosatisfait mais c'est vrai qu'avec son sourire, ça passe en douceur! (via DailyKos)

Note: en regardant plus attentivement, il semble que ce soit il y a un an pendant les primaires du New Hampshire. C'est vrai que cette tactique de n'être pas à l'origine des affrontements s'est répétée au travers de la campagne.

samedi 24 janvier 2009

Obama garde son blackberry

Répondant à une question que se posait le blogo, Obama s'est arrangé pour conserver l'accès à un blackberry. Le président n'avait pour l'instant jamais eu d'emails. Seules des personnes autorisées pourront lui envoyer des emails. Ses copains pourront lui envoyer des articles... Le président sortira-t-il de la réalité officielle qu'on construit pour lui? S'informera-t-il en partie lui-même? Exciting times.

Lynch Merrill

Merrill aurait avancé les paiements de bonus à décembre cette année contre janvier ou février traditionnellement. $3 à $4 milliards de dollars auraient été payés. Cela semble avoir été fait pour précéder le passage sous contrôle officiel de Bank of America le 1er janvier 2009.

Alors pour ceux qui ne suivent pas ou plus, Merrill n'existe plus depuis la mi septembre, date à laquelle un accord a réglé sa reprise par Bank Of America. En raison sans doute d'une présentation frauduleuse de sa situation par Merrill, Bank of America a été obligée de demander $20 milliards au gouvernement début janvier ainsi qu'une garantie sur plus de $100 milliards d'actifs. Aide que le gouvernement a accordé sans ciller.

Les Robber Barrons à l'oeuvre. Personne n'a encore sifflé la fin de la partie. Il faut dire que l'arbitre est sous influence...

vendredi 23 janvier 2009

mercredi 21 janvier 2009

Obama Président

C'en est donc fini du règne du SPECTRE sur les Etats-Unis et tout le monde se sent tout à coup plus serein.

J'avais mis en garde sur le risque que Bush n'amnistie une ribambelle d'escrocs et de collaborateurs qui avaient commis des crimes en son nom. Cela ne s'est pas passé. Bush a exercé son droit de grâce avec mesure pendant tout son mandat et a été fidèle à ce principe jusqu'à la fin. Doit-on l'en féliciter? Certains disent dans la blogosphère que gracier son entourage aurait été se tirer une balle dans le pied pour Bush en raison du 5ème amendement à la constitution qui pose qu'un justiciable ne peut pas être appelé à témoigner contre lui-même. Les graciés éventuels auraient été libres de témoigner contre Bush car ils n'auraient pas été menacé eux-mêmes par leurs aveux. En revanche, des justiciables classiques se réfugieraient derrière le 5ème amendement et ne parleraient pas ce qui maintiendrait une chape de plomb sur ces procédures. Le droit de grâce n'est de toute façon pas utilisable pour immuniser contre des poursuites futures (je crois) donc cet argument me semble un peu creux. Dieu sait que je n'aime pas Bush mais je préfère m'en tenir à ses actes et lui rendre cette justice: il n'a pas abusé dans ses dernières heures de la grâce présidentielle comme je le redoutais.

Et le discours d'Obama que je pensais être un moment de vérité? Tout d'abord, je me suis trompé: je pensais que le discours de l'inauguration était similaire à un "Discours sur l'Etat de l'Union" avec un niveau de détails plus important (trois fois plus long) et un caractère programmatique. Il s'avère qu'il n'y a en général pas de State Of The Union Address les années où un nouveau président est inauguré (il peut y avoir quelque chose de similaire). Donc mes attentes n'étaient pas raisonnables quand j'ai écrit ça. Néanmoins, Obama a clairement placé sa présidence sous le signe de circonstances exceptionnelles (crise économique et engagements extérieurs). Il a replacé les Etats-Unis dans leur tradition historique et dénoncé en creux la présidence W comme une aberration. Je me réjouis de l'abandon apparent de la rhétorique absolument horripilante, orwellienne et stupide sur la "War on Terror" (pourquoi pas une "war on Error" comme le suggèrait Stephen Colbert?). Pour ce qui est de la mise en accusation de la "power structure" (doublement faillie, doit-on le rappeler? guerre et crise éco) on repassera. Tout le monde à Washington a dormi sur ses deux oreilles.

Alors, oui, un appel à reconstruire l'Amérique un peu comme si on appelait à reconstruire la Nouvelle Orléans après Katrina: "il faut se retrousser les manches et faire preuve d'optimisme car on est américain après tout". Mais sur le pourquoi de la crise économique et d'éventuels défauts dans la structure du pouvoir, absolument rien. Ah si ça:
Our economy is badly weakened, a consequence of greed and irresponsibility on the part of some,
Aussitôt mitigé par ça:
but also our collective failure to make hard choices and prepare the nation for a new age.

Autrement dit: y a peut-être bien des responsables quelque part mais ce qu'on va faire, c'est tous se retrousser les manches car c'est un peu notre faute à tous aussi. L'appel à l'effort et au sacrifice n'est évidemment jamais détaillé dans ce pays où une seule chose est plus appréciée qu'une tax cut, une tax cut plus importante*. Et la caravanne passe.

No revolution in sight. Obama ne semble pas vouloir s'appuyer sur son aura et sa popularité incroyable pour donner un coup de pied dans la fourmilière. Pense-t-il que les fourmis auraient vite fait de l'avaler? Certains vont donc se réfugier dans la deuxième branche de l'alternative: Obama ne fera rien tout de suite mais réformera quand il aura assis son pouvoir (il sera alors mécaniquement moins populaire, donc attendre est un pari risqué). Les cyniques (qu'Obama dénonce - je veux bien mais après 8 ans de W on se demande s'il y a un choix entre le cynisme et la stupidité), envisageront une troisième possibilité: il ne tentera jamais de transformer profondément les Etats-Unis.

Les gens raisonnables attendront les premières semaines et mois de cette présidence (et peut-être un discours programmatique plus long, comme le State Of The Union mais n'en portant pas le nom - ça arrive) pour se faire une idée.

* Les tax cuts (massivement favorables aux plus aisés) sont la raison essentielle du creusement abyssal des déficits ces dernières années mais le tout dernier stimulus plan d'Obama reste imperturbablement basé pour un tiers sur des tax cuts (pour faire plaisir aux républicains - on se demande bien pourquoi, n'ont-ils pas perdu?). Alors même que les comptes publics partout dans le pays sont proches de la faillite (l'Etat de Californie par exemple) et que la seule chose qui persuade l'investisseur étranger de ne pas balancer ses bons du trésor US est la supposée capacité de l'Etat à lever l'impôt. Existe-t-elle réellement?

Le référencement du Blogo sur Google au plus mal

Quand j'ai commencé "El Blogo", une des choses qui m'intéressait était la manière dont le site allait être identifié et classé par Google. Pendant les premiers jours, le site n'apparaîssait pas ce qui me contrariait car il est hébergé par le site gratuit de Google pour les blogs: "Blogger". Après, on l'a vu apparaître à la 7ème ou 8ème position pendant assez longtemps (en faisant la recherche "El Blogo" (sans guillemets) sur Google France (on le trouvait sur Google US également mais en descendant loin dans la liste). Je disais alors aux gens qui n'avaient pas de signet qu'il fallait chercher "El Blogo" mais rajouter "crise" pour l'avoir en première position.

Blogo ne veut pas dire blog en espagnol ("blog" est utilisé), c'est dire si "El Blogo" n'avait pas beaucoup de concurrence sur Google France. Tant et si bien qu'assez vite, avec un faible trafic mais un trafic néanmoins, "El Blogo" est devenu le premier site apparaissant quand on faisait cette recherche (mi-décembre à peu près).

C'est bien fini maintenant. El Blogo n'apparaît qu'en deuxième page. Mieux (ou moins bien en réalité) "Blogo crise" ne donne que deux résultats et le blogo n'y est pas (c'était hier: aujourd'hui, il y a plus de résultats et le blogo finit second).

Il faut dire qu'il y a eu un pic d'audience mi-décembre en raison du surgissement du nom "Madoff" sur Google France qui avait exposé le Blogo plus que d'habitude sur les moteurs de recherche l'espace d'un week-end (avant l'explosion médiatique)...

Bush off the wagon?

Il y a des rumeurs persistantes sur le fait que Bush soit tombé "off the wagon" ce qui veut dire retomber dans l'alcool pour un ancien alcoolique. C'est comme si les langues se déliaient maintenant que le danger est passé. C'est pas si grave: on a bien eu Yeltsin avec le doigt sur le bouton nucléaire précédemment.

Si ce que je lis est vrai, il y a eu assez d'instances délicates ces derniers mois pour que l'information sorte totalement d'ici à quelques mois (sans compter qu'on saura peut-être également s'il mène une vie normale au Texas ou pas). Le National Enquirer (journal absolument de caniveau mais qui a révélé par exemple que John Edwards avait une maîtresse plusieurs mois avant le reste des mainstream medias) date sa reprise de l'alcool à Katrina. Beaucoup ont noté que son agenda a été extrêmement léger ces 6 derniers mois.

mardi 20 janvier 2009

J'ai trouvé!

J'ai entendu que Cheney était en chaise roulante lors des cérémonies et j'ai immédiatement pensé au dirigeant du spectre! Il ne manque à Cheney sur sa chaise roulante qu'un chat angorra blanc et voilà! Ernst Stavro Blofeld! Depuis 8 ans, les Etats-Unis sont dirigés par le SPECTRE! (SPECTRE: Special Executive for Counter-intelligence, Terrorism, Revenge and Extortion)


Occasion pour moi d'aborder un aspect de la présidence Bush-Cheney qui est bien trop peu débattu: l'aspect "profiteurs de guerre" de ces individus. L'invasion de l'Irak a été l'objet d'attribution de contrats de manière opaque pour des montants qui laissent complètement rêveur. Rappeler l'Etat à ses obligations quand à l'attribution de marchés a été, paraît-il, le moyen le plus sûr de fusiller sa carrière pour un fonctionnaire américain sous Bush. Cela mériterait que je m'y étende plus mais pour l'heure, ces seuls noms suffiront à vous rappeler de bons souvenirs (et l'inanité de ceux qui attribuaient des buts altruistes à l'intervention américaine - quelques intellectuels et hommes politiques français malheureusement promus depuis se reconnaîtront):

Halliburton
Bechtel
Blackwater
Dyncorps
Kellog Brown and Root (KBR)...

Historique? Pathétique?

Que va dire Obama? Va-t-il reconnaître la gravité de la situation? L'accélération de la crise pendant la campagne l'a aidée politiquement mais ni lui ni McCain n'ont pris le risque de tenter d'y apporter un début de réponse. Après la nomination d'une équipe d'apparatchiks bon teint (faillis: Clinton pro-guerre et Geithner pro "debt economy"), peut-il incarner seul à la tête de l'Etat un changement substantiel?

Obama va-t-il "shooter for the stars" ou va-t-il répéter des platitudes de campagne matinées de la grandiloquence qui sied à l'évènement? Va-t-il se contenter du changement (cosmétique) que constitue son ethnicité?

La question que le Blogo se pose depuis le début: Obama a-t-il les ressources (et l'envie) de mener les combats qui pourraient faire de lui un grand président (financement de campagne)? va se voir apporter un début de réponse. Il n'a clairement menacé personne avec ses nominations. Certains à Washington trouveront-ils certains aspects de son discours inconfortable? J'ai bien peur que tout le monde dorme sur ses deux oreilles, ce soir, inside the beltway ce qui au vu de l'histoire récente serait un veritable scandale.

La naïveté confondante de Paul Krugman

J'aime bien Paul Krugman. Il est l'un des rares américains avec une véritable tribune qui ait résisté à l'orwellienne hystérie pro-guerre de début 2003. Ca n'était pas le plus en pointe sur la crise économique mais il était du bon côté de la barrière. Il a fait un édito il y a trois jours, courageux à nouveau, qui demande à ce qu'on n'amnistie pas "de fait" les crimes bushistes en ne les poursuivant pas. Sur la guerre et sur les crimes de Bush, il refuse d'entrer dans le consensus convenu washingtonien et c'est assez rare pour être remarqué. En plus dans son dernier édito, il se prononce, comme le blogo il y a trois mois (sinon ça ne serait pas le blogo) pour une nationalisation des banques. Alors pourquoi suis-je furieux? Parce qu'il omet dans sa dénonciation des solution trouvées à la crise (TARP etc...) de relever la collusion scandaleuse entre les politiques et les banques. Est-ce un manque de capacité d'observation ou (plus probablement) un manque de courage? En tout cas, c'est très décevant et c'est une attaque frontale contre les positions du blogo (peut-être qu'il ne le lit pas mais google analytics me dit que je score très bien avec les prix nobels d'économie donc ça m'étonnerait).

Alors voilà: dans son dernier édito Krugman nous explique comment l'Etat tente de résoudre la crise et pourquoi il pense que cette solution n'est pas la bonne. C'est didactique et divertissant mais j'ai un gros problème avec la naïveté stupéfiante des conclusions qu'il tire (il vaut mieux lire l'édito pour le contexte):

What I suspect is that policy makers — possibly without realizing it — are gearing up to attempt a bait-and-switch: a policy that looks like the cleanup of the savings and loans, but in practice amounts to making huge gifts to bank shareholders at taxpayer expense, disguised as “fair value” purchases of toxic assets.
Traduction abrégée: "Les politiques, peut-être sans s'en rendre compte, font un cadeau aux actionnaires des banques aux dépens du contribuable."

Je veux dire, là, c'est juste pas possible! Paul Krugman, prix nobel d'économie, n'est pas capable de "connect the dots" et de voir comment le bailout est le produit d'un système corrompu jusqu'à la moëlle où il n'y a virtuellement aucune divergence d'intérêts entre la classe politique et les banques? Il ne voit pas que cette crise n'a été possible que grâce à la démission généralisée du personnel politique qui a refusé d'exercer sa fonction de régulation? Fannie Mae et Freddie Mac arrosant le personnel politique (dont Rahm Emanuel, nouveau directeur de cabinet d'Obama), ça lui a échappé? Le PDG d'Ameriquest qui se reconvertit en ambassadeur aux Pays-Bas grâce à ses généreuses contributions de campagne, pas vu? La loi sur les faillites personnelles qui est rédigée par les credit card companies en 2005 (avec le concours du nouveau Vice President, Joe Biden), ça lui a échappé? Les plus grosses contributions de campagne venant des Wall Street, ça ne ring pas a bell? Les banques qui freinent des quatres fers contre toute tentative de régulations des prêts "subprime"? Etait-il sur une autre planète ces dernières années ($120 milliards de bonus en 5 ans pour 5 firmes)?

"Possibly without realizing it"? Avec le TARP dirigé par un jeune gars de 35 ans venu tout droit de chez Goldman Sachs et voté préférentiellement par les représentants touchant le plus d'argent des banques*? Parrainé par Hank Paulson ancien président de GS? C'est du second degré? J'espère, sinon c'est la première fois que je trouve Krugman atterrant. L'Etat n'a pas repris les banques en main comme le suggérait le blogo au moment du bailout plan car il a partie liée avec les banques. C'est bien simple, on ne peut tout simplement plus faire la différence! L'Etat essaye de préserver la continuité du pouvoir financier au travers de la crise dans l'opacité la plus totale alors qu'il devrait au contraire le sanctionner au grand jour et en organiser le renouvellement (comme suggéré ici). Avant la crise, les banques achetaient les politiques pour que ces derniers ne les empêchent pas de faire de l'argent frauduleusement et tranquillement. Depuis la crise, gagner de l'argent frauduleusement n'est plus possible alors les banques achètent les politiques pour qu'ils leur donnent directement l'argent du contribuable. C'est cet écosystème, qui se nourrissait sur l'endettement privé, qui a été sauvé in extremis par Paulson et qui se nourrit désormais sur l'endettement public (ou qui essaye plutôt de faire croire qu'il y parviendra le plus longtemps possible).

Alors Krugman devrait arrêter d'ouvrir ses grands yeux candides de petits garçons de dix ans et poser un regard adulte sur la situation (même s'il doit y perdre des chances de rallier l'administration Obama). Il devrait identifier les Etats-Unis pour ce qu'ils sont: un empire cédant sous le poids de sa propre corruption. Un empire qui ne traverse pas qu'une simple crise économique mais bien une crise politique.

* Sur le vote du TARP: "October 3, 2008 4:26 PM. House members voting for the bailout Friday have collected 41 percent more than opponents from the industries most eager for emergency aid. Senate vote was similarly divided."

lundi 19 janvier 2009

Parfum de fin du monde

Il est difficile de tirer des conclusions sur les marchés quand ils sont fermés aux Etats-Unis comme aujourd'hui. Néanmoins, il apparaît que la journée a été mauvaise pour la finance britannique (euphémisme: RBS et Barclays sont des penny stocks désormais). Pour l'Euro également avec des prévisions de croissance déplorables: -2% en gros pour 2009 (j'ai peur que l'Europe soit désavantagée par sa bonne foi en la matière par rapport aux Etats-Unis dont la prospérité récente s'explique par le "window dressing" de ses performances économiques). La croissance française sera en berne au quatrième trimestre. La dette souveraine espagnole a été downgradée. L'Euro va être malmené et sa fragilité politique va sûrement bénéficier au dollar. C'est le "stress test" évoqué ici.

Simultanément, les mauvaises nouvelles s'accumulent aux Etats-Unis. Bank of America qui a encore besoin de plus de fonds et de plus de garanties (racheter Merrill s'avère avoir été équivalent à jouer à la roulette russe avec un canon chargé de 5 balles). Tous les acteurs naviguent à vue dans le brouillard. Citi annonce des pertes de $8 milliards et son action tombe à $4. Le TARP II s'annonce aussi bien maîtrisé que le TARP I: après avoir débloqué les fonds, les banquiers se les partageront sans aucun contrôle et le contribuable n'aura que ses yeux pour pleurer.

Le Blogo soutient que c'est en 2009 qu'aura lieu le moment de vérité de la crise (quand le doute sur la solvabilité se reportera non plus sur les institutions financières mais sur les Etats), il semble que le premier semestre soit un meilleur candidat que le second.

samedi 17 janvier 2009

Be careful what you wish for.* (un post indécis...)

* Faites attention à ce que vous désirez...

Sarkozy a dit ça jeudi (news bloom):

Separately, Sarkozy said “the world cannot revolve around a single currency, the dollar.” He added that global economies should not go on “financing the U.S. deficit.”

Réalise-t-il qu 'il appelle de ses voeux le scénario le plus noir (et le plus probable) pour les Etats-Unis? C'est tout l'enjeu de cette crise (comme développé ici). Si les américains ne peuvent plus emprunter alors même qu'ils ont fait de l'escalade dans la dette leur stratégie de sortie de crise, c'est game over. Sans ciller, Sarkozy déclare qu'il veut envoyer les américains en rehab. El Blogo could not agree more.

Bémol du blogo:

Ceci dit, c'est une chose pour El Blogo d'essayer de persuader ses quelques (highly valued) lecteurs que les Etats-Unis méritent "un pan sur le bec", mais c'est tout autre chose pour Sarkozy de se lancer dans des déclarations comme celles-là qui appuient exactement là où ça fait mal. Je ne sais pas si Sarkozy mesure bien les conséquences pour les américains s'il était tout à coup pris au pied de la lettre par les investisseurs du monde entier. Je ne serais pas étonné si ce discours était considéré comme hyper hostile par les américains dans le contexte de la crise.

Le mieux est donc peut-être de ne pas faire de déclaration déstabilisante tant que nous traversons la crise. Si les Etats-Unis perdent leur rôle dominant sur la scène financière internationale (comme c'est probable) nous ne serons pas vus comme ceux qui leur auront donné le coup de pied de l'âne (De Gaulle avait déjà demandé à convertir les dollars "français" en or en 1965 quand la convertibilité était devenu une blague - dire "le roi est nu" fait-il partie de l'esprit français? C'est un peu ce que Villepin a fait à l'ONU également). De toute façon, les cartes sont déjà distribuées et les déclarations des uns et des autres n'y changeront plus rien. La prudence voudrait sans doute qu'on prépare un nouveau Bretton Woods en coulisses pour mettre les américains devant le fait accompli le moment venu. En évitant en attendant à l'Euro de suivre le dollar dans sa descente aux enfers avec des taux d'intérêts trop bas.

Bémol sur le bémol

J'ai commencé ce post il y a deux jours ce qui m'a donné l'occasion de changer 2 fois d'avis. Alors quoi? Sarkozy fait des déclarations qui devraient remplir le blogo de joie et le blogo fait la fine bouche? Sarkozy se fait "sévère mais juste" en pourfendeur de l'imposture économique américaine et le blogo a des remords? Le blogo qui annonçait fièrement qu'il voulait envoyer les américains en rehab a un petit coup de mou et se demande dans l'ambulance en direction de la clinique si ce régime de cheval n'est pas finalement un peu dur pour le junkie? En gros, le blogo se déballone?
Je ne sais pas vraiment. J'assume cependant mon ambivalence qui est pour moi le reflet de la gravité de la situation. Il paraît légitime d'espérer que les Etats-Unis paient le prix de leurs excès mais les conséquences pratiques de cette sanction donnent un peu le vertige. Peut-on raisonnablement penser par exemple que si les Etats-Unis rencontrent de réelles difficultés pour financer leur déficit, les pays européens puissent en revanche s'endetter sans problème? Ca n'est pas impossible mais ça n'est pas le plus probable.

Bémol sur le bémol sur le bémol

J'ai décidé de me rallier au panâche blanc de Sarkozy en relisant ça (rien de tel que de relire un des premiers articles du blogo pour lui faire retrouver sa pureté idéologique!). Extrait:

Le meilleur espoir des américains à ce stade, c'est que les autres acteurs de l'économie mondiale soient incapables de briser leurs chaînes et de concevoir une nouvelle organisation économique mondiale. C'est le leadership par défaut: il n'est pas basé sur des données objectives mais seulement sur l'incapacité à penser ou à concevoir une organisation alternative de la part des autres acteurs.

La responsabilité des leaders asiatiques, africains, moyen-orientaux, européens et sud-américains est aujourd'hui de penser des institutions internationales qui cantonnent les Etats-Unis à un rôle de membre et plus à un rôle de leader. Il faut que les cinq autres continents se mettent d'accord et gèrent les Etats-Unis comme la Grande-Bretagne a été gérée dans l'Union Européenne: "si vous voulez en être vous êtes les bienvenus mais si vous traînez les pieds, les choses se feront sans vous".

La domination américaine n'existe plus que dans nos têtes. Faisons en sorte que nos têtes ne soient pas, pour elle, un refuge confortable.

Bémol sur le bémol sur le bémol sur le bémol

Encore faut-il au niveau politique ne pas prendre de risques inutiles, ou ne pas prendre de risques trop tôt. Dans "Le Parrain", un des chefs mafieux concurrents déclare trop tôt à Michael Corleone: "The Corleone family does not have that kind of muscle anymore". Il le paye ensuite au prix fort.

vendredi 16 janvier 2009

jeudi 15 janvier 2009

Premiers éléments de réforme de la finance US?

Paul Volcker, le seul membre de l'équipe économique d'Obama qui ait reçu l'imprimatur du blogo, est à l'origine de propositions qui pourraient constituer un plan de reprise en main des institutions financières US. Ca plaira sûrement à Obama mais cela plaira-t-il à ceux qui financent une bonne part de la fête donnée pour son inauguration? On verra bien. On peut déjà être satisfait que Volcker ait pris l'initiative des propositions.

(du Wapo - lien)

NEW YORK -- A top economic adviser to the incoming Obama administration unveiled a plan today to radically rethink the global financial system, including a host of measures that would dramatically expand government control over the free market in the United States.

The plan -- which recommends limiting the size of banks, setting guidelines for executive pay and regulating hedge funds -- offers the first hint of the kind of changes to the financial system President-elect Barack Obama might push for in the coming weeks and months. Obama has pledged to present a comprehensive series of changes to prevent a repeat of the current financial crisis before world leaders gather in London for a major economic summit in April.

Transitions

Je regardais "C dans l'air" intitulé "Obama refait le monde". Il y était dit que le président américain prenait ses fonctions le 4 mars avant 1936 (les élections ont lieu le premier mardi de novembre de l'année précédente) et que le délais avait alors été réduit. On en est à 2 mois et demi. Ca paraît encore très long (voire interminable).

Il était dit aussi que les transitions à la française où les gouvernements se forment grosso modo en une semaine et avec des législatives dans la foulée étaient trop courtes et chaotiques. Je suis d'accord. C'est probablement un héritage de la 4ème (et avant). Les gouvernements doivent se former vite en France vu qu'ils tombent souvent...

Digression: A l'inverse, les américains ont donné à leur système politique un rythme temporel qui prime sur tout. C'est un facteur de stabilité mais cela supprime également toute spontanéité ou flexibilité. En France, si le pays connaît une crise majeure (mai 68...), il est toujours possible de procéder à une élection anticipée pour remettre les compteurs à zéro. Pas là-bas. En revanche, le peuple y est consulté tous les deux ans.

mercredi 14 janvier 2009

Vente de détail en chute libre

La bourse US en chute de -3% avec la baisse des ventes de détail. Pas étonnant vu que Julien Dray a dû mettre fin précipitamment à ses dépenses somptuaires...

Taux de chômage et réédition de la crise de 29

Via Daily Kos. Le taux de chômage atteint pendant les années 30 (25%) est souvent mis en avant pour refléter le fait que ce que nous vivons n'a rien à voir avec la grande dépression. Il y a un problème cependant, la méthode de calcul du taux de chômage a changé du tout au tout. En appliquant les méthodes de l'époque, le taux de chômage aujourd'hui ne serait pas de 7,2% mais de 16,5% selon John Williams de Reuters.

Most economists ridicule the idea that what we're experiencing now could ever become anything like the Great Depression. And, says Reuters, they all point to the same statistic: 25% of Americans were out of work in the worst of the 1930s and we're nowhere near that disaster.

But the definition of joblessness has changed since then. Not just in 1994, but also under Lyndon Johnson in the late 1960s, when discouraged workers out of job for more than a year were erased from the statistics. Out of work, out of luck, and out of sight.

Figures collected for Reuters by John Williams, from the electronic newsletter Shadowstats.com, suggest that, while we are not [at Great Depression levels yet], the comparison is not as outlandish as it might initially seem.

By his count, if unemployment were still tallied the way it was in the 1930s, today's jobless rate would be closer to 16.5 percent -- more than double the stated rate.

"I expect that unemployment in the current downturn, which will be particularly deep and protracted, eventually will rival, if not top, the 25 percent seen in the Great Depression," Williams said.

Les représentants démocrates déjà impopulaires

Les démocrates sont majoritaires au congrès depuis 2006. Cela leur vaut avant même l'investiture d'Obama une popularité désastreuse (pour les membres du congrès). Pelosi qui est à la tête des démocrates à la chambre des représentants est dans le vert 39(approve)/37(disapprove) mais de peu ce qui montre qu'elle ne bénéficie pas d'un effet Obama. Son équivalent au sénat, Harry Reid, est sévèrement dans le rouge 33/41. Les représentants démocrates sont à 36/53. Le parti démocrate (53/39) et Obama (67/29) s'en tirent en revanche correctement. Cela montre le niveau de défiance élevé des américains envers leurs représentants même démocrates. Cela montre également que l'alignement d'Obama sur la ligne molle définie par les démocrates depuis 2006 ne peut-être une solution.

A noter que ce sondage est le premier que je vois commandité directement par Daily Kos (site internet de référence pour les démocrates). Il sera publié toutes les semaines et il est réalisé par un institut que je ne connaissais pas. Le monde change et c'est tant mieux car il en a bien besoin.

Every week, Research 2000 will poll 2,400 adults nationwide to get an idea of public sentiment for Obama, the Congressional leadership, the two parties in Congress, the two political parties, and sentiment for direction of the country. The first poll was conducted last week.

Research 2000 for Daily Kos. 1/5-9. All Adults. MoE 2% (No trendlines)

Approve Disapprove Don't Know
Obama 67 29 4

Pelosi 39 37 24
Reid 33 41 26
McConnell 29 46 25
Boehner 21 47 32

Congress Dems 36 53 11
Congress GOP 24 64 12

Democratic Party 53 39 8
Republican Party 32 60 8

mardi 13 janvier 2009

Y a-t-il un programme nucléaire militaire iranien?

La question va sembler farfelue à tous les observateurs inatentifs (voir émanant d'un dangereux jihadist terroriste qui "hate our freedom") qui pensent que, bien sûr, les "islamofascistes" iraniens travaillent jour et nuit dans leurs grottes à l'obtention d'une bombe nucléaire. Il n'en demeure pas moins que le dernier National Intelligence Estimate sur la question, publié il y a un an par les services de renseignement américain, déclare: "Nous jugeons avec une confiance élevée qu'à l'automne 2003, Téhéran a interrompu son programme d'armement nucléaire".

La "confiance élevée" est le degré de confiance le plus élevé possible pour ces évaluations (comme décrit dans le document). Elle montre que le renseignement américain pense qu'il maîtrise cette question (caractère on/off du programme). Il montre aussi que les frappes dont ont parlé les israéliens et les américains seraient plus une rodomontade qu'une véritable nécessité stratégique: si le programme est inactif, on se demande bien comment les cibles seraient choisies. Quid du fantasme des bombes s'enfonçant dans le sol en faisant exploser des sites où les iraniens travaillent en secret sur la bombe: il n'y en a pas d'identifiables sinon le NIE en envisagerait au moins la possibilité (peut-être qu'il y en a... mon point est de dire que les américains ne savent pas où ils sont puisqu'ils pensent qu'il n'y en a pas).

Ce NIE a été embarassant (mais nullement dissuasif) pour nombre de personnes qui oeuvraient à créer la perception d'un programme nucléaire militaire iranien. Bush s'en est distancié et il a bien sûr fait hurler à la mort les nouveaux cons. Le problème c'est que Barack Obama a déclaré hier:

Iran is going to be one of our biggest challenges and as I said during the campaign we have a situation in which not only is Iran exporting terrorism through Hamas, through Hezbollah but
they are pursuing a nuclear weapon that could potentially trigger a nuclear arms race. (traduction: les iraniens cherchent à obtenir l'arme nucléaire)

WTF?

Post largement inspiré par Glenn Greenwald.

lundi 12 janvier 2009

Madoff reste libre...

Après avoir envoyé pour plus d'un million de dollars de bijoux à de la famille et des amis...

Gool ol' US of A! On est jamais déçu...

Update: Toujours délicat d'abuser des "...". Là, clairement, j'ai abusé.

"Tous les économistes disent que..."

Obama fait souvent référence au consensus des économistes sur la nécessité d'un plan de relance très important. Peut-on juste rappeler que "Tous les économistes disent que..." a perdu toute valeur depuis 18 mois? "Tous les économistes disent n'importe quoi" est la seule formule acceptable. J'ajouterais même "Tous les économistes disent n'importe quoi car ils sont tous pétrifiés à l'idée d'examiner honnêtement la situation est d'évaluer si oui ou non, le ponzi scheme américain touche à sa fin". La croyance dans le bailout plan et le stimulus est du même ordre: on y croit car on refuse d'imaginer l'alternative. Et celui qui met en garde contre l'alternative (qui ne cesse d'avoir raison depuis 18 mois) est toujours considéré comme un fâcheux. On a l'impression que les choses ont changé en 18 mois? Que l'on a appris? Pas du tout. Les clivages sont toujours les mêmes. J'ai juste l'impression que certains économistes "alternatifs" comme Roubini qui se sont montrés pessimistes à juste titre mettent maintenant de l'eau dans leur vin en espérant monnayer leur nouvelle notoriété/crédibilité pour rejoindre la nomenklatura (et peut-être un jour l'équipe Obama?). Le commentariat est toujours incapable de faire des anticipations négatives sur le court/moyen terme. Le problème, c'est que cela empêche de comprendre la crise, d'en examiner les causes et d'en déterminer les responsables. Comme un boxeur dans les cordes, le citoyen ne peut que se prendre les mauvaises statistiques dans la figure sans qu'on lui propose réellement une compréhension et une mise en perspective des évènements.

Cette idée que plus de dettes et plus de dépenses sont à la fois la cause et la solution de la crise est absurde. C'est pour ça qu'Obama a été élu un peu tôt. Il aurait mieux valu qu'il soit élu après la faillite du système que juste avant. Enfin... Cette faillite est déjà assez avancée pour qu'au moins on ne lui en attribue pas la paternité. On lui reprochera en revanche de l'avoir mal gérée. Et aussi rafraîchissant qu'il soit par rapport au président précédent, je ne donne pas cher de ses marges de manoeuvre quand le pays se sera enfoncé dans la crise.

J'ai entendu Peter Schiff faire l'analogie entre les grands travaux qu'on nous promet en amérique et la situation suivante pour un ménage: "Si vous rencontrez des difficultés financières à titre personnel allez-vous décider d'emprunter pour faire des travaux dans votre maison?". Alors, c'est vrai, les Etats-Unis ne sont pas exactement dans cette situation: ils empruntent dans leur propre monnaie et ils sont les seuls du quartier à avoir un révolver mais combien de temps cela va-t-il être suffisant pour les faire vivre dans l'irresponsabilité financière? Le postulat des "stimulateurs" est que la capacité d'emprunt des Etats-Unis ne faiblira pas. Que l'inflation ne menace pas. Ce sont les mêmes qui se sont trompés sur le subprime, sur Fannie Mae et Freddie Mac, sur Wall Street, sur l'immobilier commercial... Ils seront démentis cette année.

Update: à bien y réfléchir, les américains font un choix complètement rationnel en niant le plus longtemps possible leurs difficultés et en essayant de continuer à vivre aux crochets du monde. Il est très probable qu'ils vont devoir y renoncer mais pourquoi rendre cette issue certaine en reconnaissant d'eux-mêmes qu'ils ont fait fausse route? S'ils n'ont qu'une chance sur 100 de l'éviter en recréant une situation plus ou moins stable où les capitaux affluent chez eux, il doive la jouer car les conséquences de la perte de ces capitaux vont être très négatives pour leur économie. Il ne faut donc pas espérer qu'ils remettent leur maison en ordre d'eux-mêmes, ils ne le feront que sous la pression extérieure. On ne renonce à ses privilèges que sous la contrainte. Mais l'idée qu'ils accréditent depuis le début de la crise selon laquelle "la prospérité se décrète" et à laquelle "tous les économistes" font semblant de croire, n'a pas plus de sens que tous les autres contes de fées qu'on entend sur l'économie américaine depuis 20 ans et qui nous ont emmené là où nous en sommes.

samedi 10 janvier 2009

Rubin quitte Citigroup

Rubin part de Citigroup. Atrios commente ironiquement cette news bloom:

Saturday, January 10, 2009
Nice Work

Such a shame it all went bad. Hoocoodanode?
Jan. 10 (Bloomberg) -- Robert Rubin, the former Treasury secretary who advised Citigroup Inc. as it lost $20 billion in the subprime mortgage crisis, resigned his position as senior counselor and won’t stand for re-election to the board.
...
Rubin, who served at the Treasury’s helm from 1995 to 1999 under President Bill Clinton, was criticized by investors for collecting more than $150 million in pay in a decade while failing to steer Citigroup away from subprime securities. The investments led to four straight quarterly losses and prompted the bank to turn to the government for a rescue package.

“His reputation has very much been damaged by what has happened at Citi,” Bert Ely, chief executive officer of Ely & Co., a bank consulting firm in Alexandria, Virginia, said in a Bloomberg TV interview. “Fair or not, Citi’s problems do reflect negatively on him.”
It's all so unfair.
Comme déjà signalé ici, si vous regardez la fiche Wikipedia du nouveau Secretary of Treasury, Tim Geithner, vous constatez qu'il est présenté par certains comme un "Rubin protégé" (en anglais dans le texte). On est donc bien dans la sempiternelle farce dénoncée par le blogo: en dépit de la faillite la plus spectaculaire de l'histoire pour les américains, l'équipe dirigeante reste inchangée.
Pour mémoire, Geithner n'est pas seulement compromis par ses affinités avec des gens comme Rubin et Summers qui ont été des "cheerleaders" (pom pom girls) de la "debt economy" des 20 dernières années, il a pris une part active à la mise au point et à l'implémentation du bailout plan qui se révèle avoir été à l'économie américaine ce que la guerre en Irak a été à la politique étrangère US: le moment de vérité où, sous la menace, la corruption d'un pan entier de la politique de la nation éclate au grand jour.

El Globo Blogo

J'ai commencé à poster (en anglais) sur El Globo Blogo. Chaque post (ou groupe de posts) apparaissant sur El Globo Blogo sera référencé avec un lien sur El Blogo.

vendredi 9 janvier 2009

Dernier scandale pour Bush?

Bush a tout raté. C'est un imbécile meurtrier sans conscience. La question est: peut-il encore nuire alors qu'il ne lui reste que 10 jours comme président?

La réponse est oui. Un des pouvoirs du président qu'il exerce avant son départ est la grâce présidentielle. Bill Clinton avait grâcié des personnages peu savoureux sans qu'on en comprenne vraiment la raison si ce n'est la corruption pure et dure (ce gars vient à l'esprit par exemple). Le problème de Bush est qu'un certain nombre d'individus ont commis des exactions en servant le président ce qui n'était pas forcément le cas avec Clinton (cet homme, dont la peine a déjà été commuée, est un exemple). S'il les gracie, il crée un précédent: les subordonnés d'un président peuvent faire n'importe quoi car ils seront grâciés subséquemment par le Président.

Bush pourra-t-il résister à faire cette dernière insulte aux institutions (anciennement) démocratiques des Etats-Unis? On ne peut pas compter sur ses aides pour lui éviter cette dernière honte. Ces huit ans auront été un long dîner de con durant lequel on aura fait porter à cet imbécile un nombre de crimes jusqu'au quel il ne sait sans doute pas compter. Pourquoi s'arrêter en si bon chemin? Let's humiliate this idiot one last time.

Qui paye la fête de l'inauguration d'Obama?

Voir cet article du Wall Street Journal. Barack a empêché que les agappes ne soient payées par des entreprises directement (contrairement à W). Résultat ce sont des fundraisers: des individus membres d'une société (le plus souvent) côtisent et l'argent est donné au nom de la société (limite individuelle à $50000, limite des agrégats à $30000). Pas très différent. Sur les $27 mln collectés, $6 mln viennent de Wall Street constituant la plus grosse contribution. 378 individus ont fourni 70% des fonds collectés. Ploutocratie disions-nous?

Le système est le même (à une autre échelle) pendant les élections présidentielles: la limite des dons individuels est $2300. Alors des gens d'une banque rassemblent de l'argent et donnent au nom de la société (ou des cabinets d'avocats, ou des lobbyists). Bien sûr, les broker dealers de Wall Street sont les sociétés qui comptent le plus d'individus capables de donner le maximum.

Dans le cas d'Obama il y a eu une nouveauté: il a obtenu énormément de fonds par le biais de petites donations et via internet. Mais les banquiers ont fini par abonder massivement dans le sens du vainqueur des primaires démocrates. Cela a eu deux conséquences: Obama est de loin le candidat qui a levé le plus d'argent dans l'histoire et il n'est que marginalement plus libre de ses mouvements que les présidents précédents.

Swinging London

La banque d'Angleterre a mis ses taux hier au niveau le plus bas depuis sa fondation (1694). Tout va bien. L'idée que la solution à cette crise est de faire disparaître la monnaie est complètement hallucinante. A noter que cette idée nous vient précisément de ceux qui nous ont apporté cette crise. On peut leur faire confiance. Espérons que la BCE ne se laisse pas entraîner sur cette pente. C'est là qu'il va falloir compter sur la corde de rappel allemande.

En gros, il est communément admis que cette crise est venue de la baisse des taux américains à 1% autour de la fin 2003. On a alors fait marcher la planche à billets à plein pour éviter une récession substantielle aux Etats-Unis. Et pourtant, la FED juge raisonnable de baisser les taux, non pas à 1% mais à 0.25%. Les fous ont les clés de l'asile.

Non Farm Payrolls -524K

Les "Non Farm Payrolls" sont les chiffres de l'emploi reportés chaque mois par le Bureau of Labor Statistics. Le chiffre du mois de décembre est -524000 (pertes d'emplois). Comme maintes fois dénoncés sur le blogo (ici et ici par exemple), ces chiffres sont sujets à caution: chaque mois, le chiffre annoncé est minimisé et se voit corrigé les mois suivants à la hausse. Ainsi on nous annonce pour novembre et octobre une correction de -154000 sur un total de -853000 d'abord estimé pour la période (18% en + sachant que le mois de novembre sera encore révisé une fois et on sait déjà dans quel sens...).

Cela fait deux ans que je suis ces chiffres avec attention et ça a été une constante. En gros, si on prenait toutes les corrections vers le bas sur l'année et qu'on les annonce d'un coup un mois donné en les intégrant dans le "headline number" (chiffre mis en avant dans les medias), la bourse ferait -5% ce jour là.

Cela ne peut pas être par hasard. Je maintiens donc qu'en dépit des nouvelles gravissimes qu'on nous annonce, tout est fait pour limiter l'impact de cette crise sur les esprits, y compris la manipulation des chiffres même si cela va devenir de plus en plus dérisoire. Je suis persuadé que ce n'est pas la seule statistique qui fait les frais de ce "massaging" (voir les chiffres de la croissance ici). Quand on voit les énergumènes aux commandes, on ne peut pas s'attendre à autre chose.

Friday Plane Blogging

jeudi 8 janvier 2009

La croyance mystique du jour

Le monde financier va de croyance mystique en croyance mystique et se voit à chaque fois complètement démenti par les faits. D'abord, l'essentiel de la dette subprime était AAA, après Fannie et Freddie étaient solides, puis les broker dealers de Wall Street avaient les reins solides...

Aujourd'hui, ces mystiques se sont réfugiés dans la dernière place forte: les Etats sont des emprunteurs fiables et leur capacité d'emprunt est sans limite (d'où l'entourloupe: nous nous sortirons de la crise en endettant le contribuable, alors qu'il a déjà fait défaut à titre privé... tout cela est développé ici).

Les petits Etats ont déjà des difficultés importantes (Islande, Equateur, certains pays de l'est) mais les ventes aux enchères de dette des grands pays commencent à être accueilli avec circonspection: UK et de l'Allemagne.

Aussi pour la première fois (selon moi), des voix sceptiques commencent à se faire entendre sur l'énormité de l'endettement américain prévisible à moyen terme. Extrait:

“CBO’s deficit projections are jaw-dropping,” said Senate Budget Committee Chairman Kent Conrad, a North Dakota Democrat. “This is one of the worst budget forecasts I have seen in my lifetime. President-elect Obama is being handed an absolute fiscal disaster.”

Madoff toujours libre...

Ca pourrait se terminer ceci dit car il a envoyé à sa famille et ses amis pour plus d'un million de dollars de bijoux. Il ne pensait pas que cela allait contre le gel de ses actifs car lui et sa femme ne voyaient dans ces bijoux qu'une valeur sentimentale (dixit son avocat).

Et de l'or? Et du cash? Tout a-t-il été intercepté? Ce maintien en liberté de Madoff est un scandale. Il est clair qu'il a dû tout faire, en coordination avec des membres de son entourage plus mobiles (il est quand même assigné à résidence), pour sauver ce qui peut l'être et brouiller les pistes. Comment les juges ont-ils pu imaginer qu'il puisse en être autrement?