mardi 30 novembre 2010

S&P met de l'huile sur le feu

Dans l'impunité générale... Outlook negative sur le Portugal. Affirme que la France "continue à mériter son classement AAA". Toute honte bue.

Et dire qu'il y a encore quelques mois, Baroin continuait à valider la légitimité de ces agences en utilisant le rating de la France comme prétexte à la politique gouvernementale. L'Europe aura mordu la poussière sans même que nos politiques n'aient pensé à récuser ces instruments loufoques de l'exercice de l'arbitraire américain.

Il faut faire fermer d'urgence les branches européennes de ces agences!

Corruption de l'effort de guerre en Afghanistan

Un récapitulatif du daily kos. Blackwater, Xe, dailykos, guerre, profiteurs, deficit, irak.

lundi 29 novembre 2010

A lire...

Où l'on émet l'idée que les populations cherchent activement à rationaliser les actions de leur gouvernement en acceptant et en défendant la propagande à laquelle ils sont soumis.

Cela aurait marché pour la guerre en Irak et également pour le sauvetage des grandes banques.

Compelling.

dimanche 28 novembre 2010

Le NYT "en première ligne" sur Wikileaks

Et pourquoi pas la CIA directement? Julian Assange n'a visiblement pas eu le mémo: le NYT a été le principal facilitateur de la guerre en Irak dans l'espace médiatique américain (en neutralisant l'opposition de gauche modérée à la guerre au lieu de la galvaniser - il y avait matière...). Aujourd'hui, il joue le même rôle alarmiste sur l'Iran sans que personne ne le lui reproche vraiment. L'obstination de Wikileaks à recourir aux vieux médias pour l'éditorialisation de ses fuites est un problème central dans la crédibilité de cette organisation.

Surtout quand on lit l'extrait suivant de cet article du monde qui nous en dit long sur la servilité spontanée de nos médias envers les intérêts américains:

Informer, cependant, n'interdit pas d'agir avec responsabilité. Transparence et discernement ne sont pas incompatibles – et c'est sans doute ce qui nous distingue de la stratégie de fond de WikiLeaks. Les cinq journaux partenaires ont travaillé sur les mêmes documents bruts et celui qui est en première ligne, le New York Times, a informé les autorités américaines des télégrammes qu'il comptait utiliser, leur proposant de lui soumettre les préoccupations qu'elles pourraient avoir en termes de sécurité.

En commun, les cinq journaux ont soigneusement édité les textes bruts utilisés afin d'en retirer tous les noms et indices dont la divulgation pourrait entraîner des risques pour des personnes physiques. Le Monde a aussi offert aux responsables américains de faire valoir leur point de vue dans ses colonnes : c'est à ce titre que nous publions une tribune de l'ambassadeur des Etats-Unis en France en pages Débats.

Enfin, ce n'est pas un hasard si ces nouvelles révélations émanent des Etats-Unis, le pays le plus avancé technologiquement et, d'une certaine manière, la société la plus transparente, plutôt que de Chine ou de Russie. Par sa nature ouverte, une puissance démocratique s'expose à plus d'intrusions qu'un pouvoir fermé ou opaque. C'est des Etats-Unis qu'est partie la révolution Internet, c'est là aussi que vit la tradition des "whistleblowers", ces "sonneurs d'alarme" de la société civile. Et WikiLeaks le sait mieux que personne.

Questions pour Sylvie Kaufmann: Le Monde n'a-t-il publié que les messages diplomatiques qui avaient été jugés "publiables" par le NYT après délibération avec le département d'Etat? Si c'est le cas, comment justifiez-vous cette subordination? (Y a-t-il un lien capitalistique entre les deux entités qui m'auraient échappé?) Si ça n'est pas le cas, pouvez-vous nous donner un exemple?

Remarque pour Sylvie Kaufman: La tradition américaine des "whistleblowers", s'il y en a une, c'est essentiellement de mettre ces derniers en prison quand ce n'est pas plus simplement de les renverser en voiture s'ils se mélaient par hasard de dénoncer les exactions d'une armée privatisée (il est possible que ce "marine" de 33 ans n'ait tout simplement pas su traverser la rue). Epargnez-nous donc s'il vous plaît vos commentaires enthousiastes sur la liberté qui règne aux Etats-Unis. Ils appartiennent, comme vous et votre journal, au siècle passé.

mercredi 24 novembre 2010

La Fed détient plus de dettes US que la Chine

Estimation de Zero Hedge:

D'après ZH:

Well, folks, it's official - mark November 22, 2010 in your calendars - today is the day the Ponzi starts in earnest. With today's $8.3 billion POMO monetization, the Fed's official holdings of US Treasury securities now amount to $891.3 billion, which is higher than the second largest holder of US debt: China, which as of September 30 held $884 billion, and Japan, with $864 billion.

Quand la chine s'écrasera...

Le monde tremblera.

La grosse boîte noire de l'économie mondiale donne des signes de faiblesse. Par voie d'inflation.

vendredi 19 novembre 2010

mercredi 17 novembre 2010

Veillée d'armes

ABC News:
The U.S. Department of Agriculture reported that in 2009, nearly 50 million Americans -- 15 percent of U.S. families -- were "food insecure," meaning they were "uncertain of having, or unable to acquire, enough food to meet the needs of all their family members" -- either they didn't have enough money or lacked other resources to buy food. One in 10 families with children worried about food at some point in the year. Between 500,000 and 1 million families were so strapped the children had to go without eating at some point....

The United States is increasingly a safety-net nation, with one in four Americans now enrolled in one of the 15 federal feeding programs. Forty-two million people currently receive monthly benefits under the Supplemental Nutrition Assistance Program, more commonly known as food stamps. That's up by 10 million from a year ago....

Feeding America, an organization that runs a nationwide network of food banks and bills itself as "the nation's leading domestic hunger-relief charity," said the number of people seeking help from its food banks has increased 46 percent over the past four years, from 25 million to 37 million.

Heureusement que l'industrie du luxe atteint des sommets en bourse... Le silence médiatique devant cette abomination est inqualifiable. Where is the fucking outrage? L'absence totale de sens moral doit être l'un symptomes d'une structure de pouvoir en phase terminale. Et le cynisme. Partout. Cette dernière violence peut faire croire que le système est tout-puissant et inébranlable, qu'il va durer mille ans. Bien au contraire, elle symbolise que les règles ont été abolies et qu'il est en fait déjà mort.

Pour ceux qui ne sont pas convaincus par l'utilisation de l'industrie du luxe comme un proxy de la santé du secteur financier, il y a ça via ZH:
In a just released report, New York State's Comptroller Thomas DiNapoli presents his expectations for what is set to be another bumper year for Wall Street. Per the report: "The first quarter of 2010 was among the most profitable on record ($10.3 billion), but in the second quarter profits eased (to $3.8 billion) and were more in line with pre-crisis levels. It appears that profits were relatively modest in the third quarter as well, but 2010 could still be the fourth most profitable year for the securities industry in New York City." Yet here is the most relevant piece: "While it appears that the cash bonus pool will be smaller than last year, the average bonus paid to employees in the securities industry in New York City may be a bit larger, since the pool will be divided among fewer workers given continued staff reductions". Money well earned. So summarizing the report - in a year when US underemployment persists at around 17%, when the US federal debt is at nosebleed levels, when well over 40 million Americans are on foodstamps, when personal bankruptcies are at the highest they have been in 5 years, when GDP is about to turn red again, when America still doesn't have a formal budget, the average banker bonus may be one the biggest ever on record. Peasants - 0; Kleptocrats - 1.

Les taux remontent en dépit du QE2

Bien sûr cela pourrait n'être qu'une énième fausse alerte. Mais ça pourrait aussi être la fin des haricots. Tic, tac...

mardi 16 novembre 2010

Parskeu!!!!

“We have a Aaa outlook for the U.S. that is stable and we are not contemplating changing anything anytime soon, that is the bottom line,” Steven Hess, senior credit officer at Moody’s in New York, said in an interview today.

vendredi 12 novembre 2010

vendredi 5 novembre 2010

High grade monetary heroin

"I think the Fed is injecting high grade monetary heroin into the financial system of the world, and one of these days it is going to kill the patient."
Yawn.

jeudi 4 novembre 2010

L'A380 suscite l'intérêt

Il y a eu un incident en tout point similaire à l'explosion du moteur de l'A380 sur un 747 de Qantas au départ de San Francisco le 30 août 2010 (rapport d'incident). Disons simplement que cela a eu un retentissement moindre et qu'aucune compagnie n'a immobilisé sa flotte de 747...

J'écris ce post essentiellement pour montrer que l'A380 a droit à un traitement particulier dans les médias (ce qui peut s'expliquer dans une certaine mesure) mais on peut également se demander au passage s'il ne manque pas une page aux manuels d'entretien des moteurs Rolls-Royce chez Qantas. J'ai lu que ce type d'incident était plutôt rare...

Obama s'est pris une raclée car il a trahi sa base

C'est pas très compliqué. Les démocrates sont restés chez eux car Obama s'est foutu de leur gueule. Fair enough.

Voir Kos sur le sujet. Les "blue dogs" qui formaient un sous-groupe de démocrates droitisants avec pour mission de transformer des majorités claires et nettes en pseudo-majorités se sont faits massacrer. C'est une bonne nouvelle.

A noter également que les conservateurs ont dépensé deux fois plus que les démocrates à en croire USA Today. Il semble que la décision inique de la Cour Suprême de janvier 2010 ouvrant les vannes du financement de campagne par des sociétés ait profité massivement aux républicains. En renforçant encore le poids de l'argent dans la politique, on déplace mécaniquement la scène politique vers la droite. "Mission accomplished!"

mercredi 3 novembre 2010

QE2: Le Tchernobyl financier de la FED

Texte du FOMC statement. Dissent de Thomas Hoenig:

Voting against the policy was Thomas M. Hoenig. Mr. Hoenig believed the risks of additional securities purchases outweighed the benefits. Mr. Hoenig also was concerned that this continued high level of monetary accommodation increased the risks of future financial imbalances and, over time, would cause an increase in long-term inflation expectations that could destabilize the economy.


Et El Erian qui dit que tout ça va avoir des conséquences négatives mais qui enjoint dans le même souffle à la FED de préparer le QE3.

Ron Paul va présider le sous-comité à la politique monétaire de la Chambre des Représentants.

Obama perd la chambre des représentants

Les démocrates sortent de deux ans d'enfer: comment justifier auprès de leur électorat leurs demi-mesures insipides?

Des américains exaspérés leur avaient donné les clés en 2008 pour qu'ils refassent tout du sol au plafond: Présidence, Chambre des Représentants, Sénat...

Et qu'ont obtenu les électeurs en lieu et place du "Change we can believe in"? Un bailout des banques qui n'a visé qu'à protéger et même à renforcer l'oligarchie financière qui dirige et pille le pays. Voyez plutôt: Geithner avait engagé le bailout à la FED de New York sous Bush? Il devient Secretary of Treasury sous Obama. Summers avait créé les conditions de la dérégulation financière qui a conduit à l'explosion de 2007? Il devient conseiller spécial d'Obama en matière économique. Bernanke, le fils spirituel de Greenspan qui personnifie les causes de la crise (et qui conseillait aux américains de s'endetter à taux variable en 2004...), est reconduit alors qu'il a nié jusqu'à ce que cela ne soit absolument plus possible qu'il y ait eu une bulle dans l'immobilier aux Etats-Unis (ce qui me fait dire que cette bulle n'était pas un accident mais bien la politique suivie, put another way: "It was not a bug. It was a feature."). Robert Gates était le ministre de la Défense sous Bush? Il demeure ministre de la défense sous Obama qui a pourtant gagné les primaires contre Hillary en raison de son hostilité à la guerre en Irak.

Obama a donc prêté son image à la plus grosse opération de "rebranding" de l'histoire du marketing. Comme Blair, comme les Bush, comme Clinton il sera remercié par un enrichissement sans limite. Il gardera aussi plus prosaïquement la vie car c'est bien le risque qu'il aurait pris s'il avait défié "pour de vrai" la structure de pouvoir en refusant d'en être le simple représentant de commerce.

Alors son rôle va aujourd'hui être radicalement simplifié: plus besoin de contorsions comme lors de la réforme du système de santé durant laquelle il avait fait croire à sa base qu'il travaillait dans une direction progressiste alors qu'il avait depuis des mois scellé un accord avec Big Pharma et les sociétés d'assurance pour que les américains soient in fine les dindons de la farce de la réforme. Obama n'aura plus à s'inventer maladroitement des excuses: il en a une désormais. Et la ploutocratie de retrouver son équilibre après avoir signifié aux électeurs démocrates que le système ne méritait plus qu'ils se déplacent jusqu'aux urnes.

Les observateurs attentifs n'ont en effet aucune illusion sur ce qui vient de se passer: les deux premières années de la présidence Obama ont confirmé spectaculairement la mort clinique du processus démocratique aux Etats-Unis. Obama a été élu pour remettre le pays sur les rails après la crispation bushiste qui a causé un marasme économique à cause de deux guerres meurtrières, inutiles et illégale pour le cas de l'Irak. Il n'aura finalement que fait accepter ces guerres par la base démocrate (il n'y a quasiment plus de mouvement anti-guerre aux Etats-Unis). Voilà donc que par la magie de l'obamania plus personne ne s'étonne de ce que les Etats-Unis soient embarqués dans un projet néocolonial extraordinairement meurtrier et complètement anachronique qui leur font perdre de façon accélérée leur prééminence. Obama n'aura finalement fait qu'entériner le bushisme avec notamment l'impayable "let's look forward, not backward..." pour justifier l'absence de poursuite contre les criminels de l'administration précédente.

Et comment ne pas savourer ceci (de GG):
President Obama demanded that Indonesia continue investigating past human rights abuses on the ground that "we can't go forward without looking backwards."
Une des nombreuses hypocrisies orwelliennes qui font encore tenir debout le chateau de carte impérial. Pour combien de temps?